BRASILIA s’expose à Paris, au siège du PCF

Les "guerriers" de Bruno Giorgi © Fabio Colombini

Les « guerriers » de Bruno Giorgi © Fabio Colombini

L’exposition « BRASILIA, un demi-siècle de la capitale du Brésil » fait escale à Paris, au siège du Parti communiste français, réalisé par Oscar Niemeyer lors de son exil politique en France. L’exposition retrace l’histoire de ce qui fut la grande œuvre du célèbre architecte brésilien : la création dans le plateau aride du Planalto Central de la capitale fédérale du Brésil, conçue avec l’urbaniste Luciano Costa et le paysagiste Roberto Burlo Marx. Inaugurée en 1960, Brasilia a été déclarée Patrimoine mondial de l’humanité en 1987 par l’Unesco.
À voir jusqu’au 29 juin 2013

Le siège du PCF, Paris © db

Le siège du PCF, Paris © db

Cette exposition organisée il y a trois ans dans le cadre des commémorations du cinquantenaire de Brasilia  a déjà été présentée dans plusieurs pays. Après le Brésil, l’Argentine, Chili, l’Inde, l’Espagne et le Portugal, elle se pose pour la première fois en France, à Paris. Il était difficile de trouver un lieu plus pertinent que le siège du Parti communiste français, conçu et construit par Oscar Niemeyer, entre 1966 et 1971. L’édifice, offert au parti frère par l’architecte, sera complètement achevé en 1980 et classé monument historique en 2007.

Belle résonance  entre l’ouvrage parisien et la nouvelle capitale du Brésil. Dominant la Place du Colonel Fabien, le siège du PCF offre en effet le contraste entre la verticalité de la façade du bâtiment qui s’élève en forme de « S » et la courbe de la coupole éclatante de blancheur sur le parvis.  Lignes dont a toujours joué Oscar Niemeyer, affirmant explicitement sa volonté d’inscrire « la  courbe libre et sensuelle » dans son architecture. (1)

Ce dôme blanc est la partie émergée de la haute voûte de la salle du comité central, vaste amphithéâtre aux allures de cathédrale. En ce jour d’inauguration de l’exposition on  aura pu en apprécier l’acoustique lorsque résonnera le piano sous les doigts d’Arthur Moreira Lima, le grand pianiste brésilien. (2)

De gauche à droite : la salle du comité central © db / Sous la coupole de la cathédrale de Brasilia © Fabio Colombini

De gauche à droite : la salle du comité central © db / Sous la coupole de la cathédrale de Brasilia © Fabio Colombini

C’est dans le vaste espace – baptisé Espace Niemeyer – qui se déploie au premier niveau – souterrain – du bâtiment auquel on accède en descendant une volée de marches,  qu’est présentée l’exposition BRASILIA, un demi-siècle de la capitale du Brésil. Les nombreux documents sont organisés en ordre chronologique. Ce qui permet de découvrir que si l’utopie Brasilia est sortie de terre avec le président Juscelino Kubitschek, l’idée de transférer la capitale du Brésil à l’intérieur du pays était ancienne, évoquée dès le XVIIIe siècle, du temps de la colonisation portugaise. Mais il aura fallu attendre 1892 pour qu’une mission exploratoire – la Mission Cruls, du nom de l’ingénieur qui la supervisa – établisse la démarcation du quadrilatère où Brasilia sera finalement inaugurée près de 70 ans plus tard… Après une première pierre posée le 7 septembre 1922, lors des commémorations du centenaire de l’indépendance du Brésil.

Mario Fontenelle, "Les  candangos" © DIGEPHAC

Mario Fontenelle, « Les candangos » © DIGEPHAC

Finalement lancée à l’instigation de Juscelino Kubitschek, par un décret signé le 18 avril 1956, la construction de Brasilia se fera en cinq ans. Une rapidité incroyable due à l’afflux de dizaines de milliers d’ouvriers, ces candangos venus des quatre coins du pays, et notamment du Nordeste travailler au chantier dans des conditions extrêmement dures. Ces ouvriers iront peupler les favelas autour de Brasília, qui devenues « villes satellites » surpeuplées écornent de leurs profondes disparités sociales le souhait égalitaire de l’architecte.

Marcel Gautherot, Coupole du Sénat fédéral en construction © Institut Moreira Salles/Brésil

Marcel Gautherot, Coupole du Sénat fédéral en construction © Institut Moreira Salles/Brésil

Cette période intense de l’édification de la ville est retracée avec de très nombreux clichés des principaux photographes qui l’accompagnèrent :  le Brésilien Mario Fontenelle, ami personnel de Kubitschek, et les Français Marcel Gautherot et Jean Manzon. À ces photographies en noir et blanc répondent un peu plus loin celles en couleurs des principaux monuments de Brasilia, réalisés en 2010 par Fabio Colombini : le palais du Planalto (siège de la présidence), le parlement, le palais de l’Itamaraty (ministère des Affaires étrangères) ou encore la cathédrale..

Tandis qu’une série de photographies aériennes signées João Facó met en évidence  le « plan pilote » de la ville en forme d’avion dessiné par L’urbaniste Lúcio Costa et qui s’inscrit dans un lac artificiel. Quant à l’imposante maquette (4,80×6 m) à l’échelle 1/3500, elle a été réalisée spécialement pour l’exposition par Antonio José Oliveira, auteur de la maquette originale se trouvant à Brasilia dans l’espace Lucio Costa.

Brasilia, vue aérienne © João Facó

Brasilia, vue aérienne

L’exposition parisienne a été enrichie d’un  ensemble d’une soixantaine d’oeuvres – gravures, études, dessins, sculptures – de la collection Izolete et Domicio Pereira, ainsi que de quelques toiles d’un peintre français  Jacques Benoit, dont la fascination pour Brasilia et Niemeyer ne suscite pas forcément l’adhésion …

Cette intéressante exposition sur Brasilia est aussi une excellente occasion de découvrir l’étonnant, atypique et méconnu édifice parisien conçu par Niemeyer … (3)

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(1) « Ce n’est pas l’angle droit qui m’attire. Ni la ligne droite, dure, inflexible, créée par l’homme. Ce qjui m’attire, c’est la courbe libre et sensuelle. La courbe que l’on rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sonueux de ses fleuves, dans les nuages au ciel, dans le corps de la femme aimée. Tout l’univers est fait de courbes. L’univers courbe d’Einstein« , a écrit Oscar Niemeyer.

Dior pcf(2) Au cours des quinze dernières années le siège du PCF a souvent servi de décor pour des tournages de films, des défilés de couture ou des concerts. L’un des premiers à louer le bâtiment a été l’italien Prada, qui y a organisé un défilé en 2000. Plus récemment la coupole, transformée en salle de dactylo géante, a prêté ses courbes à l’introduction du dernier film de Gondry, L’Écume des jours, tandis que Dior y tournait sa nouvelle campagne de publicité portée par Marion Cotillard…

(3) Oscar Niemeyer a réalisé d’autres ouvrages en Île-de-France et au Havre. Pour les découvrir, cliquer ici

Pour en savoir plus sur le cinquantenaire de Brasilia :  http://www.brasilia50.info

Siège du PCF, 2 Place du Colonel Fabien 75019 Paris / tél 01 40 40 12 12
Du lundi au samedi de 10h à 18h (sauf le samedi 25 mai)
Ouverture exceptionnelle le dimanche 2 juin de 10h à 18h

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