Château d’Écouen : « Émailler le verre à la Renaissance » …

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Recettes vénitiennes de la Renaissance : Gobelet : deux sphynges affrontées/musée du Louvre/ Gobelet aux putti, fouilles du monastère de Santa Chiara de Padoue/Gourde pèlerin, Apt Trésor de la Cathédrale/Coupe couverte sur pied : le triomphe de la chasteté, Paris, musée du Louvre

… Cette nouvelle exposition du Musée national de la Renaissance-Château d’Écouen, nous emmène sur les traces des artistes verriers entre Venise et la France. Quelque 120 pièces issues de collections notamment françaises, anglaises et italiennes ont été rassemblées pour illustrer le propos à la fois artistique, historique  et scientifique de l’exposition.  Car au-delà de la complexité et du raffinement des formes et des décors alliant verre, dorure et émail, il s’agit aussi d’explorer l’origine géographique et la datation de certains chefs-d’oeuvre, une façon de démêler le vrai du faux, ou plutôt le Vénitien du «façon de Venise», du XVIe au XIXe siècle.
À voir jusqu’au 14 février 2022

L’exposition « Émailler le verre à la Renaissance » dresse un état  des recherches qui ont mobilisé pendant une dizaine d’années des spécialistes de différentes disciplines – historiens de l’art, conservateurs,  ingénieurs  (grâce notamment à AGLAE, accélérateur de particules du C2RMF- le centre de recherche et de restauration des musées de France),  archéologues ou encore  restaurateurs. Si ces recherches ont donné lieu à « des découvertes douloureuses sur des objets de nos collections », avoue le directeur du Musée national de la Renaissance, Thierry Crépin-Leblond, que le visiteur se rassure : le parcours de l’exposition lui offre avant tout le plaisir de déambuler au milieu d’objets qui, quel que soit leur pedigree, s’imposent par leur beauté et leur raffinement, produits  de ce fascinant art du feu qu’est le verre.

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Cheminée de la grande salle des appartements de Catherine de Médicis /Photo db

C’est d’ailleurs par une initiation à la composition et à la fabrication du matériau verre que commence l’exposition. Outils de verrier (moules, cannes, pontils, etc.), matières premières (minerais, pigments, etc.), ainsi que des extraits de films réalisés par le Corning Museum of Glass montrant le travail des artisans verriers sont présentés dans la grande salle des appartements de Catherine de Médicis avec son imposante cheminée. Car le Musée national de la Renaissance n’ayant pas d’espaces dédiés aux expositions temporaires, celles-ci prennent place dans les appartements du château aménagés spécifiquement pour Henri II et Catherine de Médicis. (1)

Dans cette même salle, on découvre ensuite un premier ensemble de pièces –  coupes, gobelets, gourdes de pèlerin – issues des « recettes vénitiennes de la Renaissance ». L’essor de la verrerie vénitienne est lié à une série d’innovations techniques, parmi lesquelles le cristallo,(2) un verre d’une grande pureté mis au point au milieu du XVe siècle. Cette recette, ainsi que celle d’un verre plus courant (vitrum blanchum), favorisent la création d’objets de prestige en lien avec l’art de la table et la cérémonie du banquet. En parallèle, la décoration dorée et émaillée, déjà en usage à Venise aux XIIIe et XIVe siècles, connaît un renouveau, donnant naissance à une production ornée de motifs géométriques, religieux, héraldiques, ou encore à l’antique. Ces verres suscitent rapidement l’engouement des élites italiennes, et plus largement européennes.

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« Façon de Venise » : Pot couvert, Catalogne (seconde moitié du XVIe/ Musée du Louvre/photo Martine Beck-Coppola

Un deuxième ensemble confronte le visiteur à des pièces issues d’ateliers travaillant à la façon de Venise. Les archives témoignent de la diaspora précoce des verriers italiens contribuant à diffuser les recettes et les pratiques vénitiennes. On sait par ailleurs qu’en Italie, les verreries sont nombreuses aux XVe et XVIe siècles, en Toscane ou en Ligurie (Altare) et que certaines régions européennes ont une riche tradition verrière, comme la Catalogne et les régions germaniques, comme le Tyrol où l’émaillage des verres est attesté à partir des années 1530. Or, près de la moitié des objets analysés se révèlent incompatibles avec les recettes vénitiennes de la Renaissance. L’attention se porte à nouveau sur les gourdes dites de pèlerin, très semblables par leur forme et  leur décor mais hétérogènes du point de vue de leur composition chimique, notamment avec la présence de plomb.

L’exposition se poursuit dans la chambre de la reine traversée par une belle diagonale de verres bleus mis en valeur par la scénographie. Initialement attribués à Venise,  ils se sont révélés très différents après analyse. Il s’agit là sans doute «  des découvertes douloureuses sur des objets de nos collections », auxquelles le directeur du Musée national de la Renaissance faisait allusion en présentant l’exposition.

LES BLEUS :photo Amand

« la diagonale de bleus » / Photo Amand Berteigne

Par ailleurs, une trentaine de pièces complètes et environ 80 fragments archéologiques illustrent la production de verre émaillé et doré en France au XVIe siècle. Des objets fabriqués dans la plupart des régions françaises, parfois dans des verreries prestigieuses. C’est le cas par exemple de la verrerie royale de Saint-Germain-en-Laye, créée sous la protection d’Henri II à partir de 1551.

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France XIXe, Coupe aux armes de Catherine de Médicis, « incompatible  » avec les recettes vénitiennes de la Renaissance /Musée d’Écouen / Photo Mathieu Rabeau

Le parcours s’achève au XIXe siècle, lorsqu’à partir des années 1820-1830 les amateurs d’art, non seulement en France mais dans toute l’Europe, ont un intérêt prononcé pour l’art d’un passé prestigieux et idéalisé. Les verres vénitiens de la Renaissance sont alors très recherchés, en particulier ceux à décor émaillé et doré. Pour répondre à une demande croissante, se développe alors une production de pièces historicistes ou de copies, mais aussi des restaurations ou encore des faux. La frontière étant souvent bien floue…

Le visiteur pourra ensuite profiter de sa présence au château d’Écouen pour aller saluer celui qui l’a fait construire entre 1538 et 1550.  Le château de Versailles a en effet consenti, pour la durée de cinq ans, au dépôt du portrait du connétable Anne de Montmorency, d’après François Clouet.

Sans oublier d’aller sur la terrasse d’où l’on jouit d’une vue exceptionnelle sur la Plaine de France, avant – si l’on est venu en train – de redescendre vers la gare d’Écouen-Ézanville en traversant les bois, par un sentier très bien balisé …

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Château d’Écouen,Photo db // portrait Anne de Montmorency

(1) Construit entre 1538 et 1550 pour Anne de Montmorency, connétable de France, le château d’Écouen a conservé une grande partie de son décor d’origine. Notamment ses douze cheminées peintes et ses frises ornées de rinceaux et grotesques qui forment un ensemble unique. À quoi s’ajoutent pavements de faïences polychromes, vitraux héraldiques en grisaille et jaune d’argent, lambris dorés où viennent s’inscrire mobilier, orfèvrerie, céramique, verrerie, émaux peints, tapisseries et tentures de cuir…
(2) Cristallo, c’est aussi le nom qui a été donné au projet de recherches en 2013.

Horaires du musée : 
Tous les jours sauf le mardi
9h30 à 12h45 et 14h à 17h15

Parc – domaine du château :
Ouvert tous les jours (y compris le mardi) de 8h00 à 18h00
L’accès au parc est gratuit.
Fermé les 1er janvier et 25 décembre.

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Le Saint Thomas de Vélasquez à Orléans : itinéraire d’un chef-d’oeuvre

« Dans la poussière de Séville… sur les traces du Saint Thomas de Vélazquez » : L’exposition-dossier présentée au musée des Beaux-Arts d’Orléans jusqu’au 14 novembre 2021 reconstitue l’histoire de ce célèbre tableau acquis au XIXe siècle par le musée. Attribué dans un premier temps à  Murillo, ce n’est que dans les années 1920 qu’il le sera officiellement à Velazquez (1599–1660). Un siècle plus tard, c’est un Saint Thomas récemment restauré que découvre le visiteur, avec une dizaine d’oeuvres d’autres artistes qui offrent un éclairage sur les sources et le contexte de création du tableau de Velazquez.
À voir jusqu’au 14 novembre 2021.

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Expositions à l’Abbaye Royale de l’Épau : Itinérance photographique et Art sacré sarthois

Aux portes de la ville du Mans – et à une heure de Paris en TGV – l’Abbaye Royale de l’Épau constitue l’un des plus beaux exemples d’architecture cistercienne en France. Classé monument historique en 1973, le site a retrouvé son aspect originel du XIIIe siècle à l’issue d’un vaste et long chantier de restauration.

Depuis 2013, le parc et les salles de l’abbaye accueillent des expositions photographiques autour d’un thème. Celui de « l’itinérance », retenu cette année, réunit, jusqu’au 31 octobre 2021, sept artistes aux esthétiques et approches très diversifiées.  

Cette saison 2021 est aussi marquée par l’exposition « Trésors d’Art Sacré » qui rassemble sous les voûtes majestueuses de l’abbatiale une soixantaine de tableaux témoignant de la richesse de l’art sacré sarthois au XVIIe siècle. Et aussi de l’importance du travail de restauration mené au cours des trente dernières années par le département. Un travail qui fait l’objet d’une présentation didactique dans des salles à l’étage de l’abbatiale. 

À voir jusqu’au 19 septembre 2021

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« Le Paris de Dufy » s’expose à Montmartre

Dufy Raoul (1877-1953). L’atelier de l’impasse Guelma (1935-1952) Paris, Centre Pompidou – Musée national d’art moderne – CCI

Le musée de Montmartre se devait d’accueillir cette exposition des oeuvres de Raoul Dufy (1877-1953) ayant pour motif Paris. Arrivé du Havre, sa ville natale, en octobre 1899, le peintre ne tardera pas en effet à installer son atelier au premier étage du 12 rue Cortot, qu’il partage avec un autre Havrais, Othon Friesz. La Butte, alors un lieu privilégié pour rencontrer artistes et galeristes, offre aussi un point de vue unique pour découvrir la capitale, que Dufy n’aura de cesse d’arpenter et de peindre. Rassemblant près de deux-cents oeuvres et documents, l’exposition Le Paris de Dufy met en évidence  l’importance du motif parisien dans l’oeuvre de l’artiste et la diversité des domaines où il s’est exprimé : peinture, aquarelle, dessin, gravure sur bois, tapisserie, croquis destinés aux tissus imprimés, céramique.
À voir jusqu’au 2 janvier 2022 Lire la suite

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« Je suis encore en vie » de Jacques Allaire au Théâtre des quartiers d’Ivry

Un titre qui résonne comme un écho au chemin des salles de théâtre enfin retrouvé…
C’est surtout celui du spectacle de Jacques Allaire que le Théâtre des quartiers d’Ivry, installé dans l’ancienne Manufacture des Oeillets, accueille du 27 au 30 mai 2021. Je suis encore en vie est une expérience théâtrale surprenante et prenante.  L’auteur et metteur en scène a en effet choisi le mutisme pour exprimer l’indicible violence faite à une femme, la poétesse afghane, Nadia Anjuman, battue à mort par son mari. Durant l’heure que dure le spectacle, on n’entend jamais les voix des acteurs, Anissa Daoud et Jacques Allaire, mais on est porté par la puissance de leur présence dans un silence habité de sons, de musique et d’extraits de poèmes en voix off.

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Aux Éditions du Mécène on se demande Qui boit (buvait) quoi?

Voilà une bonne question sur laquelle se sont penchés Patrice de Moncan et Debra Finerman dans ce nouvel ouvrage « Leurs vins préférés, Légendes historiques & Stars actuelles ».

D’Alexandre le Grand à Winston Churchill ou Claude François en passant par Henri IV, Jean Gabin ou la bien nommée Marguerite Duras, sans oublier, bien sûr, Gérard Depardieu, les auteurs ont passé  en revue plus de 150 personnalités d’époques et d’univers différents,  sous l’angle de la dive bouteille …

Le résultat de leurs recherches est aussi divertissant qu’instructif, offrant au lecteur une sorte d’histoire du vin et de l’évolution des goûts en la matière, dans laquelle il peut puiser à son gré. Lire la suite

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Prolongation jusqu’au 20 décembre 2020 : Delaperche à Orléans, « Un artiste face aux tourments de l’Histoire »…

Jean-Marie DELAPERCHE, « Tous les âges passent sur l’aile du temps, vers 1817 »

… ou « un génie révélé ». C’est en ces termes que l’exposition au musée des Beaux-arts d’Orléans, consacrée à Jean-Marie Delaperche (1771-1843) a été annoncée et est présentée. Il s’agit bien en effet de révélation, puisque l’artiste était resté dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui. C’est à dire jusqu’à la découverte et l’identification en 2017 d’un ensemble de 91 dessins, jugés dignes des plus grands artistes de son temps. Une découverte qui a été suivie d’une longue enquête pour retracer la biographie et la carrière du dessinateur et peintre, d’Orléans où il est né à Paris où il meurt, en passant par Moscou où il a vécu une vingtaine d’années. Sans que soient pour autant levées toutes les zones d’ombre sur l’oeuvre  et la personnalité complexe de Jean-Marie Delaperche. Lire la suite

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