
GOUDCOFF, huile sur papier, 1995
Dix ans après la disparition d’Oleg GOUDCOFF (1926–2015) et à l’occasion du centenaire de sa naissance, la Galerie Setze / LePartking, située dans le quartier de la Mouzaïa dans le 19ème arrondissement de Paris, organise, grâce au fonds conservé par Sophie Alexinsky, fille de l’artiste et dépositaire de son œuvre, la première exposition rétrospective – toiles, pastels, sculptures, dessins – consacrée à cet artiste méconnu du grand public, bien que reconnu par le monde de l’art. Une œuvre singulière, à la croisée de la tradition classique par sa technique et de l’abstraction moderne dans sa forme, qui s’inscrit pleinement dans le paysage artistique de la seconde moitié du XXe siècle.
À voir jusqu’au 26 avril 2026

GOUDCOFF_1987, Pastel sur papier, 76 x 56 cm
« Le tableau est une entité qui distille l’artiste, se nourrit de lui. L’artiste, comme medium, révèle à travers le tableau ce que le réel dérobe aux sens. Il déplie l’univers insondable pour le rendre visible à tous. Le tableau apparaît quand l’artiste disparaît.” Cette citation d’Oleg Goudcoff résume la quête de vérité plastique et spirituelle qui fut celle de cet artiste que l’exposition Oleg Goudkoff, l’œuvre révélé nous invite à découvrir.
Pour aller à sa rencontre, direction le nord est parisien en métro avec arrêt ultime à la station Danube de la petite ligne circulaire 7 bis. (1) En retrouvant l’air libre sur la place Rhin-et-Danube, on se sent agréablement dépaysé, avec le côté un peu provincial du lieu, qu’accentue le Monument en moisson qui se dresse sur le terre-plein central entourée d’un parterre fleuri (2)

COUDCOFF, Galerie Setze/Lepartking 2026/Photo db
Dépaysé on le sera aussi quelques instants plus tard en accédant à la galerie, installée dans un ancien parking. Une fois descendu la rampe d’accès et franchi le rideau de lanières de plastique transparent, on accède à l’espace d’exposition. Un vaste espace unique où un premier regard circulaire embrasse les tableaux accrochés aux murs blancs et deux sculptures.

GOUDCOFF, Galerie Setze/Lepartking 2026/ photo db
Si l’artiste « a débuté sa carrière par la sculpture, créant des œuvres aux formes chamaniques, comme si la nature les avait façonnées d’ elle-même. La cruauté inhérente à la sculpture se manifeste ici. Il façonne la matière brute pour en faire des héros, capables de proclamer la singularité de son art. Il semble, souligne Erie Setze, le directeur de la galerie, que Goudcoff se soit ensuite tourné vers la peinture pour explorer des paysages immenses, métaphysiques et absolus ».

Détail huile_GOUDCOFF l_œuvre révélé_Paris 2026©Amand Berteigne
Effectivement ses tableaux abstraits, avec un travail de la couleur, de la lumière et de la matière d’une grande finesse, invitent le spectateur à pénétrer leur espace, et apprécier leur harmonie. Et aussi à s’interroger sur le fait que cette œuvre, pourtant reconnue par les critiques et historiens de l’art, soit restée dans l’ombre. (3)

Olleg GOUDCOFF
Il est vrai que l’artiste, né en 1926 dans l’Isère, d’une famille russe émigrée de Moscou et de Kiev en 1917, a subi une succession d’épreuves dans sa vie – il a notamment été contraint à l’exil pendant plusieurs années, dans des circonstances particulièrement déplorables. Puis, à partir du début des années 1970, il s’est progressivement retiré du tumulte parisien et à poursuivi son travail en solitaire, d’abord en région parisienne, puis dans le sud-ouest et enfin en Bretagne.
On aura du mal à se détacher des toiles rassemblées pour cette exposition. Chacune invite effectivement, par l’harmonie des couleurs et de la composition, parfois rompue par des insertions de matière qui interrogent, à une plongée contemplative.
Il faudra bien pourtant, passer de la lumière des œuvres à celle de la rue. Mais on retardera le moment de s’engouffrer dans le métro en choisissant d’aller chercher celui-ci un peu plus loin, place des Fêtes, après avoir traversé les ruelles bordées de maisons particulières du quartier de la Mouzaïa.

GOUDCOFFF, Dyptique
(1) Bien sûr cet itinéraire ne concerne que l’auteure de ces lignes venant du sud-est parisien…
(2) Une sculpture en pierre de Léon Deschamps (1860-1928)
(3) Citons Lydia Harambourg, historienne de l’art :« Peintre et sculpteur, Oleg GOUDCOFF quête le dévoilement du mystère de la création. À l’informe il redonne les apparences de la nature en réinventant en permanence son geste. La présupposée réalité de la vie et du monde cosmique emprunte autant à la matière qu’à l’esprit. »

Entrée de la galerie SETZE/LEPARTKING / Photo db
Galerie SETZE/LEPARTKING
36 rue Miguel Hidalgo
75019 Paris
06 35 18 13 80/06 66 82 69 55
Ouvert du jeudi au dimanche
De 14h à 19h
Entrée libre





Le Musée d’Art et d’Histoire de l’hopital Sainte-Anne, après avoir exploré sous l’angle historique et archéologique le Plancher de Jeannot lors d’une précédente exposition (1), en propose une nouvelle lecture, cette fois comme une œuvre à part entière. Laquelle, dans l’exposition L’invention d’une écriture, Le Plancher de Jeannot et les œuvres de ( ..), est amenée à dialoguer avec une quarantaine d’écrivains et artistes des années 1950 à 2000 au fil d’un parcours thématique où l’on retrouve, entre autres, les noms de Roland Barthes, Pablo Picasso, Henri Michaux, Niki de Saint-Phalle …



















Avec cette nouvelle exposition, l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES (Centre national d’Études spatiales) inaugure sa programmation hors les murs consacrée à l’art contemporain. L’Institut national d’Histoire de l’Art (INHA) accueille les oeuvres de quatre artistes – Clément Fourment, Juliette Green, Hippolyte Hentgen et Aurélie Pagès – réalisées à partir de documents sur l’histoire spatiale. Une exposition qui s’inscrit dans le cadre des actions entreprises depuis plus de vingt ans par l’astrophysicien Gérard Azoulay, fondateur et animateur de l’Observatoire de l’Espace, dans le but de susciter des rapports nouveaux entre la culture, l’art et l’Espace

C’est dans le bel espace du nouveau et très riche musée du verre François Décorchemont, à Conches-en-Ouche dans le département de l’Eure, que les visiteurs peuvent découvrir jusqu’au 26 novembre 2023 les 150 pièces provenant de la donation effectuée en février 2023 par le couple Vitrat. Elles ont toutes été réalisées dans les verreries Legras, dans la Plaine Saint-Denis et à Pantin, qui doivent leur nom au maître verrier



La galerie Signatures à Paris présente jusqu’au 7 décembre 2022 « Echappées », une exposition de Florence Levillain qui réunit deux séries oniriques : « Nébuleuse » et « Au pied de la lettre ». La première s’attache aux aspirations, interrogations et réflexions d’une jeunesse post-covid dont la vie a été bouleversée et les espoirs contrariés par le confinement. Dans la seconde, la photographe s’est emparée d’expressions idiomatiques – lever l’ancre, enfoncer des portes ouvertes, etc – pour les représenter dans leur sens littéral. La série « Au pied de la lettre » fait l’objet d’un livre publié sous le même titre aux éditions Actes Sud junior.
Dernier Fonds régional d’art contemporain à ne pas disposer d’un espace de réserve propre, le Frac Île-de-France vient de combler cette lacune, avec un nouveau site à Romainville, Les Réserves, implanté au cœur du nouveau pôle d’art contemporain de l’Est parisien et inauguré officiellement en mai 2021. Après le transfert des 2078 œuvres de la collection, une nouvelle étape a été franchie le 22 juin dernier, avec l’ouverture d’espaces dédiés à la présentation d’oeuvres choisies par le public via l’application Sors de ta réserve.com . Pour ce premier accrochage, 33 oeuvres d’autant d’artistes ont été sélectionnées, tous médiums confondus. 















