« Interstices » : Jef Aérosol en son et image à la Galerie Mathgoth

JEFF AÉROSOL, Dans les interstices le bonheur se glisse, 2026
À l’occasion de cette nouvelle exposition dans le 13ème arrondissement parisien, Jef Aérosol réunit pour la première fois ses deux passions artistiques – la musique et l’image – dans un projet de création. Interstices est donc le titre commun aux toiles récentes accrochées aux cimaises de la Galerie Mathgoth et à l’album de chansons écrites et composées par l’artiste. La cinquantaine d’œuvres exposées témoignent d’une évolution sensible dans le travail de Jef Aérosol, avec notamment une élaboration plus complexe de ses images. Une complexité qui a sans doute à voir avec les circonstances qui ont présidé à cette quatrième exposition de l’artiste dans l’espace temporaire de la galerie Mathgoth.

Jef Aérosol / Interstices » Est-ce que demain sera bien ou est-ce qu’il n’y aura plus rien? » /chanson : « je n’en sais rien » Photo db
Ces circonstances, Jef Aérosol les évoque lui-même dans une vidéo projetée dans l’exposition. Initialement prévue en 2025, celle-ci a dû être retardée en raison de « soucis de tuyauterie cardiaque », dit-t-il avec pudeur. En d’autres termes une opération du cœur qui l’a contraint au repos et au silence à la campagne pendant une longue convalescence, loin de l’atelier et du studio d’enregistrement. Mais loin de « mettre sa création entre parenthèses le temps de se rétablir (…) il a créé avec une intensité rare », souligne Mathilde Jourdain, co-fondatrice et directrice de la galerie Mathgoth. (1) « Comme si le temps avait soudain changé de nature, et de rythme.Comme si l’essentiel devait s’exprimer pleinement, sans attendre ».

Jef Aérosol / Interstices, Les pavés / Photo db
Si la musique – surtout anglo-saxonne – accompagne Jef Aérosol, né en 1957, depuis son adolescence, et si les images sont au cœur de la technique du pochoir que ce pionnier de l’art urbain pratique depuis plus de quarante ans (2), c’est la première fois que les deux sont intrinsèquement liées dans un projet. Durant sa période de retrait, des textes lui sont venus. « Un texte doit déjà être harmonieux, mélodieux, fluide…, explique-t-il, et des images sont venues avec les chansons, un peu comme des scénarios ». Des images qui, de retour dans l’atelier, sont devenues des toiles.

Jef Aérosol/Interstices 2026, « Tout reste dans la boite » / Photo db
Une cinquantaine de toiles qui témoignent d’une évolution sensible dans le travail de Jef Aérosol. Toujours figuratives, les œuvres surprennent, avec des cadrages et des sujets inattendus, où l’on sent une sorte d’apaisement. Tandis que par le jeu des superpositions et des découpes propres au pochoir – un véritable travail d’orfèvre -, l’artiste crée des textures et des profondeurs nouvelles : « Je suis rentré dans les interstices des pochoirs, pour que ça corresponde à ce que j’attendais », dit-il. Parallèlement il composait, écrivait, enregistrait un album de quatorze chansons. « Les toiles et les chansons se sont nourries mutuellement mais elles restent autonomes, chacune racontant sa propre histoire », souligne Mathilde Jourdain.(3)

Jef Aérosol/Interstices 2026, « De l’autre côté » / Photo db
C’est ainsi que la toile De l’autre coté fait écho à la chanson La traversée : De l’autre côté, derrière l’horizon/Il y a ton pays tes amis, ta maison/Tes souvenirs d’enfance, tes rires, ton insouciance/puis l’horreur de la guerre et la mort de ton frère/ Il a fallu tenter la longue traversée…
Ce que reflète la scénographie de l’exposition Interstices, pensée pour donner au son autant d’importance qu’à l’image. Chaque toile est associée à un QR code permettant d’écouter l’une des chansons de l’album. Le visiteur compose ainsi son propre parcours, crée ses propres correspondances entre ce qu’il voit et ce qu’il entend. Une salle dédiée présente reportages et documentaires sur l’artiste. Un espace d’écoute propose plusieurs postes équipés de casques pour une immersion individuelle dans l’album. Mais le visiteur est invité à venir avec un casque et son smartphone pour vivre cette expérience en toute liberté, de façon plus intime, réceptif à ce que l’artiste livre de profondément personnel, dans ses tableaux et ses chansons. (3)
À noter que Jef Aérosol sera présent à la galerie Mathgoth ce samedi 28 mars 2026 de 14h30 à 17h30

JEF AÉROSOL 2026
(1) La galerie Mathgoth, spécialisée dans l’art urbain, a été fondée à Paris en 2010 par Mathilde et Gautier Jourdain, couple de collectionneurs.
(2) On avait découvert Jef Aérosol en 2011 à l’occasion d’une exposition personnelle au Musée des Avelines à Saint-Cloud qui retraçait son itinéraire, ses choix, ses sources d’inspirations, ses engagements.
(3) Le catalogue d’Interstices permet de prolonger l’expérience de l’exposition. Chaque œuvre est accompagnée du texte de la chanson qui lui fait écho.
Le CD «Interstices » est lui aussi en vente à l’espace temporaire de la galerie.





Le Musée d’Art et d’Histoire de l’hopital Sainte-Anne, après avoir exploré sous l’angle historique et archéologique le Plancher de Jeannot lors d’une précédente exposition (1), en propose une nouvelle lecture, cette fois comme une œuvre à part entière. Laquelle, dans l’exposition L’invention d’une écriture, Le Plancher de Jeannot et les œuvres de ( ..), est amenée à dialoguer avec une quarantaine d’écrivains et artistes des années 1950 à 2000 au fil d’un parcours thématique où l’on retrouve, entre autres, les noms de Roland Barthes, Pablo Picasso, Henri Michaux, Niki de Saint-Phalle …



















Avec cette nouvelle exposition, l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES (Centre national d’Études spatiales) inaugure sa programmation hors les murs consacrée à l’art contemporain. L’Institut national d’Histoire de l’Art (INHA) accueille les oeuvres de quatre artistes – Clément Fourment, Juliette Green, Hippolyte Hentgen et Aurélie Pagès – réalisées à partir de documents sur l’histoire spatiale. Une exposition qui s’inscrit dans le cadre des actions entreprises depuis plus de vingt ans par l’astrophysicien Gérard Azoulay, fondateur et animateur de l’Observatoire de l’Espace, dans le but de susciter des rapports nouveaux entre la culture, l’art et l’Espace

C’est dans le bel espace du nouveau et très riche musée du verre François Décorchemont, à Conches-en-Ouche dans le département de l’Eure, que les visiteurs peuvent découvrir jusqu’au 26 novembre 2023 les 150 pièces provenant de la donation effectuée en février 2023 par le couple Vitrat. Elles ont toutes été réalisées dans les verreries Legras, dans la Plaine Saint-Denis et à Pantin, qui doivent leur nom au maître verrier



La galerie Signatures à Paris présente jusqu’au 7 décembre 2022 « Echappées », une exposition de Florence Levillain qui réunit deux séries oniriques : « Nébuleuse » et « Au pied de la lettre ». La première s’attache aux aspirations, interrogations et réflexions d’une jeunesse post-covid dont la vie a été bouleversée et les espoirs contrariés par le confinement. Dans la seconde, la photographe s’est emparée d’expressions idiomatiques – lever l’ancre, enfoncer des portes ouvertes, etc – pour les représenter dans leur sens littéral. La série « Au pied de la lettre » fait l’objet d’un livre publié sous le même titre aux éditions Actes Sud junior.
Dernier Fonds régional d’art contemporain à ne pas disposer d’un espace de réserve propre, le Frac Île-de-France vient de combler cette lacune, avec un nouveau site à Romainville, Les Réserves, implanté au cœur du nouveau pôle d’art contemporain de l’Est parisien et inauguré officiellement en mai 2021. Après le transfert des 2078 œuvres de la collection, une nouvelle étape a été franchie le 22 juin dernier, avec l’ouverture d’espaces dédiés à la présentation d’oeuvres choisies par le public via l’application Sors de ta réserve.com . Pour ce premier accrochage, 33 oeuvres d’autant d’artistes ont été sélectionnées, tous médiums confondus. 














Voilà une bonne question sur laquelle se sont penchés Patrice de Moncan et Debra Finerman dans ce nouvel ouvrage « Leurs vins préférés, Légendes historiques & Stars actuelles ». 
