Salon RÉTROMOBILE : Retour sur un parcours subjectif où il est aussi question de Licorne…

La voiture est une passion masculine. On a pu le vérifier lors de la 45ème édition de Rétromobile, Salon international de la voiture de collection, qui s’est tenue au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris du 5 au 9 février 2020 et qui a réuni plus d’un millier de véhicules de collection. Si les femmes n’y étaient pas totalement absentes, les hommes  constituaient l’écrasante majorité des visiteurs. Ce n’est pas un scoop. L’intérêt du constat réside davantage ici dans le regard porté  sur les voitures, du curieux au passionné, du simple amateur au collectionneur avéré. Un regard qui s’attache à l’objet, son histoire, ses caractéristiques techniques – la performance sur route mais aussi l’ingéniosité mécanique – , la beauté des formes, la prouesse des restaurations, l’évolution des marques et leur éclectisme, de la voiture de course au tracteur.

À son arrivée, avant de pénétrer dans le hall d’exposition, le visiteur s’arrête un instant pour assister au défilé de voitures anciennes. Quelques modèles issus du musée national de la voiture de Compiègne roulent en effet autour du pavillon, à une vitesse tout à fait honorable, histoire de montrer que « ça marche encore ». Certains conducteurs ont revêtu l’indispensable pelisse de fourrure de cette époque pionnière qu’évoque aussi le son des klaxons (1). On va d’ailleurs commencer la visite par le stand du musée, « le premier au monde dédié à la locomotion », ouvert en 1927 au château de Compiègne. Des pièces uniques sont exposées, comme ce « dos-à-dos » à vapeur datant de 1891, dont le constructeur reste à ce jour inconnu.

Au milieu des modèles exposés, on aura vainement cherché un modèle de la marque « La Licorne ». Il est plus que probable que cela ne dise rien au lecteur; pourtant derrière le nom de cet animal mythique, il y a un constructeur français qui a produit dans les années 1920-1930 des automobiles, dont celle du père de l’auteure de ces lignes, laquelle y a été transportée pendant les huit premières années de sa vie … 

Expérience assez inoubliable dont le souvenir n’est d’ailleurs pas étranger à sa présence dans ce salon. Au passage, elle apprendra de la bouche d’un amateur plus qu’éclairé que « des Licorne, c’est à Reims qu’on en trouve ». (2) Mais elle aura tout de même la surprise, un peu plus tard, de voir la marque Licorne orner la calandre d’un tracteur d’artillerie construit en 1938!

La nostalgie est bien sûr au rendez-vous de ce salon. En y retrouvant par exemple  sa « première voiture ». Pour un visiteur, ce sera une Fiat 125, datant de 1968 (photo ci-contre). Presque hier et déjà objet de collection… Ou en revivant l’émotion des 24 Heures du Mans, devant un stand où défilent sur écran les images de pilotes célèbres :  Beltoise, Pescarolo…

Voiture de course encore, avec hommage rendu à Amedeo Gordini (1899-1979),  dit « Le sorcier »,  l’Italien devenu constructeur français de Formule 1. Son portrait trône au-dessus d’une rutilante Simca-Gordini des années 1930, résultat d’une belle restauration. Car ce salon est aussi l’occasion pour les entreprises dédiées à la restauration et reconstitution de véhicules, d’exposer leur savoir-faire. (3) Le « avant-après » est souvent saisissant.

On aura même surpris la main d’un visiteur – un passionné n’en doutons pas – effleurant la « peau » d’aluminium d’une Ferrari, reconstituée par les orfèvres en la matière, la firme italienne Bachelli & Villa. Le nom lui même fait rêver…

Mais il est temps d’aller vers une des curiosités de ce 45ème salon Retromobile : les tracteurs agricoles (là aussi il y a des souvenirs d’enfance…). Pour cela il faut aller à l’étage. De l’escalier mécanique qui y conduit on a une vue d’ensemble assez impressionnante sur le hall qu’on vient de quitter. En apercevant au premier plan les stands de miniatures, on se promet qu’avant de repartir on ira y faire un tour pour choisir un souvenir.

On aura un peu de mal à trouver l’espace réservé à ces engins agricoles, « au coeur de l’histoire automobile ». Au travers d’une trentaine de modèles couvrant plus d’un siècle, on constate que les plus grandes marques automobiles, françaises (Renault, Citroën) et étrangères (Ford, Porsche, Alfa Romeo),  se sont impliquées dans ce domaine,  parfois avec des techniques innovantes, comme le modèle « Rotapède », élaboré dans les années 1950 par Renault et équipé d’un système de chenilles et de patins métalliques à l’arrière. Comme aussi ce ce modèle fabriqué par Porsche en 1954 spécialement pour les plantations de café au Brésil : sa forme allongée et arrondie avec une carrosserie lisse permettant d’éviter de briser les branches des caféiers… Quant à Ford, il est le pionnier du secteur, avec un modèle commercialisé dès 1917 aux Etats-Unis.

À gauche, tracteur Porsche/ À droite, de heut en bas : le « Rotapède » de Renault et le Fordson F / Photos db

Sur le chemin de la sortie, on jettera un regard nostalgique sur les vieilles voitures d’enfant à pédales, avant d’aller fouiner dans les miniatures, où notre choix se portera sur une Simca Aronde, en souvenir de celle qui, au milieu des années 1950, avait remplacé la Licorne dans le garage paternel…

(1) Si le nom Klaxon est celui d’une marque commerciale déposée en 1908, le mot « klaxon », inventé par son premier fabricant, l’Américain Franklyn Hallett Lovell Jr., vient du grec ancien κλάζω, klazō  (« retentir avec bruit »).
(2) Renseignement pris, il s’agit du Salon champenois du véhicule de collection, dont la 33ème édition se tiendra les 7 et 8 mars 2020.
(3) Un « Grand prix Auto Motul – Fondation du patrimoine » est décerné chaque année à l’occasion du Salon Rétromobile. Pour 2020, il est allé à la Ford GT 40 des 24 heures du Mans 1967. Cette voiture est l’héroïne du film Le Mans 66 de James Mangold sorti en novembre 2019  et qui relate la rivalité entre les deux constructeurs Ford et Ferrari.

La Licorne de l’enfance

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Kiki Smith à la Monnaie de Paris : derniers jours…

« Toute l’histoire du monde réside dans votre corps », Kiki Smith / Photo db

… pour profiter de la première exposition personnelle de l’artiste américaine Kiki Smith (née en 1954, elle vit à New York) dans une institution française. La réunion de plus d’une centaine d’œuvres, des années 1980 à nos jours (certaines ayant été été créées spécialement pour l’exposition parisienne), permet d’apprécier la grande diversité des médium utilisés par l’artiste –  bronze,  plâtre, verre, porcelaine, tapisserie, papier… Une création multiforme avec pour thèmes majeurs le corps humain, les figures féminines et la symbiose avec la nature. Cette manifestation  marque aussi, hélas, la fin de la programmation d’art contemporain à laquelle nous avait habitués la Monnaie de Paris, depuis sa réouverture au public en 2014 après la rénovation de l’édifice du 11 quai de Conti. (1)
À voir jusqu’au 9 février 2020.
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Quand la Justice rencontre le Génie… La Beauté est dans la rue!

                         … De Belles Choses vous souhaite de la croiser souvent
                                                 tout au long de cette Année 2020  !                                              

                                         En attendant : petite rétrospective 2019                                       

Autour de la Justice qui, portée par les comédiens du Théâtre du Soleil, rencontrait le Génie de la Bastille, lors de la manifestation du mardi 17 décembre 2019, de gauche à droite et de haut en bas :

 

 

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Grâce à la Compagnie Oghma, « Bérénice » de Racine renoue avec la tradition baroque.

« Bérénice » par la Compagnie Oghma, le trio © Crédit photo Jean-Luc Kokel

Drame de l’amour et du pouvoir, la pièce écrite par Racine en 1670 nous touche encore aujourd’hui. Sans doute parce qu’il n’y eut jamais si peu d’action – une décision à assumer – et autant d’intensité, portée une langue sublime, dans ce théâtre qu’on appelle classique, oubliant qu’il fut d’abord baroque. C’est ce que nous rappelle la Compagnie Oghma, en recréant la gestuelle, la langue, la diction, les costumes et l’éclairage caractéristiques de l’esthétisme pratiqué à l’époque de Racine. Une version intime et concentrée de la tragédie qui conjugue raffinement, sobriété et émotion. Jouée à Paris, au Studio Raspail en novembre dernier, Bérénice le sera à nouveau et pour une unique représentation, le 10 janvier 2020.  Lire la suite

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« La Magie lente » opère à nouveau au Théâtre Paris Villette

 » La Magie lente », Benoit Giros © DR

Cette « Magie lente », présentée cette fois sur la scène du Théâtre Paris-Villette , est celle de la psychanalyse. Si l’expression est empruntée à Freud, il ne s’agit pas ici de théorie, mais d’un récit fictif, la narration d’un cas, celui de M. Louvier. Ce dernier, diagnostiqué schizophrène pendant dix ans, a décidé de consulter un nouveau psychiatre. Lequel, persuadé d’emblée que ce diagnostic est erroné, va user de la magie lente du processus psychanalytique pour que son patient se réapproprie peu à peu avec ses propres mots son histoire familiale et son terrible secret. Grâce au texte sans concession et remarquablement construit de Denis Lachaud et l’interprétation à la fois sobre, intense et juste  de Benoit Giros, seul en scène, le spectateur est embarqué lui aussi progressivement dans ce difficile parcours à la découverte de soi.
À voir jusqu’au 7 décembre 2019 Lire la suite

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Au Studio Hébertot, belle performance de Sophie Paul Mortimer dans « Les règles du savoir-vivre dans la société moderne » de Jean-Luc Lagarce.

Sophie Paul Mortimer, Studio Hébertot / Photo Richard Balthauss

Après le théâtre de Vanves en 2017 et 2018, c’est sur la scène parisienne du Studio Hébertot que Sophie Paul Mortimer interprète, jusqu’au 13 janvier 2020,  Les règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce. À nouveau seule sur scène, la comédienne donne vie et corps à ce texte écrit et créé en 1994 à partir de l’ouvrage éponyme de la Baronne Staffe publié à la fin du XIXe siècle. L’ironie et l’humour savamment distillés par Lagarce font de ce manuel à destination de la bourgeoisie un texte à la fois drôle et corrosif, remarquablement servi par le jeu intense et subtil de Sophie Paul Mortimer et la mise en scène à la fois inventive et dépouillée qu’elle signe avec Roger-Daniel Bensky.  Lire la suite

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« Graver la Renaissance » au château d’Écouen

Etienne Delaune (1518-1583). « Atelier d’orfèvres (numéro 1) ». Burin. 1576. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Le Musée national de la Renaissance consacre une exposition à Étienne Delaune, orfèvre et graveur français (1518/19-1583), et à son influence sur les arts décoratifs. Reconnu de son vivant comme un graveur hors pair, collectionné par les amateurs de toute l’Europe, il restera en effet jusqu’au XIXe siècle une source d’inspiration. « Graver la Renaissance, Étienne Delaune et les arts décoratifs », première exposition dédiée à cet artiste, réunit quelque 130 objets, gravures et dessins au château d’Écouen, dans les appartements du connétable Anne de Montmorency et de son épouse Madeleine de Savoie.
À voir jusqu’au 3 février 2020. Lire la suite

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