« AVEC » Gérard Paris-Clavel à la Maison d’Art Bernard Anthonioz

« AVEC » à la MABA, Gérard Paris-Clavel le 6 sept.2017 / Photo db

Sous ce titre lapidaire la MABA – centre d’art de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques –  propose un parcours dans l’oeuvre du graphiste Gérard Paris-Clavel. « AVEC » donne à voir plus particulièrement le travail de l’artiste depuis le début des années 1990 et son engagement poétique et politique avec l’association Ne pas plier.  Car ce qui intéresse celui qui se définit comme « artiste, artisan et militant », c’est de conjuguer l’esthétique et le politique et cela ne se fait pas seul, mais « avec »… Cette exposition inaugure un nouveau rendez-vous annuel de la Maison d’Art Bernard Anthonioz (Nogent-sur-Marne) consacré à la création graphique.
À voir jusqu’au 12 novembre 2017.

À l’instar de Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nombreux sont celles et ceux qui, battant le pavé, ont arboré sans le savoir des autocollants de Gérard Paris-Clavel avec l’association Ne pas plier, comme RÊVE GÉNÉRALE  et JE LUTTE DES CLASSES. (1)

Et nous voilà dans le vif du sujet « AVEC » : car « objets portés sur le corps, ces « papillons », ce sont les corps qui vont les qualifier », explique l’artiste. Et cet autocollant que l’on met sur soi est  « un geste individuel qui devient collectif parce que des milliers de manifestants font ce geste, et cela à chaque manifestation (…) Il ne s’agit pas de proclamer une appartenance à quelque parti ou organisation syndicale, mais de donner à sa présence une signification qui excède l’événement lui-même », soulignent Denis Paillard et François Chesnais. (2) « AVEC » parce que la présence de ces papillons  est aussi le résultat d’une coproduction comprenant des collectifs et des associations, des fédérations du PCF, des syndicats, des municipalités… Bref , « toujours avec d’autres, insiste Gérard Paris-Clavel, rester modeste » . Cette exposition à la MABA est d’ailleurs « la première présentation dans un lieu d’art » des travaux de l’artiste, souligne Isabel de Bary, co-commmissaire avec François Barré et Francis Lacloche.

Gérard Paris-Clavel, Couverture de « La misère du Monde » de Pierre Bourdieu, Édition du Seuil, 1993

Des travaux qui couvrent plus d’une vingtaine d’années, depuis  la fondation en 1991 de l’association Ne pas Plier, « pour qu’aux signes de la misère ne s’ajoute pas la misère des signes ». Ce collectif, à la différence des précédents co-fondés par Gérard Paris-Clavel – Grapus (1970-1990) et Graphistes associés (1989-1992 – regroupe des personnes et des métiers très différents (3). L’équipe de Ne pas plier, depuis son fief d’Ivry-sur-Seine, s’est donné pour objectif  de mettre « en oeuvre mots et images paroles et pensées, pour agir là où elle rencontre l’urgence humaine (…) Elle propose des formes à donner aux luttes politiques d’aujourd’hui. Ne pas plier rassemble ceux qui, pour exister, résistent aux discours dominants  et puisent dans l’utopie un autre regard ».

Gérard Paris-Clavel, « Lutte des classes : matières premières »

« Mots et images » : c’est bien là  le coeur de la pratique du graphiste social qu’est Gérard Paris-Clavel et que le « parcours » organisé à la MABA, met en évidence. « J’essaie de construire un langage », dit-il. Un défi salutaire dans un monde dominé par l’image, où « le vu est pris pour le su ».

Gérard Paris-Clavel, L’Économe 2006 « Quand la mémoire s’efface, que reste-t-il de l’avenir? »

Pour relever ce défi, et « donner une lecture politique par le plaisir de la forme », il a tout expérimenté : supports (papier, métal, film), formats (du flyer à la banderole), techniques (dessins, collages, photomontages). Militants et associations peuvent faire leur marché à l’Épicerie d’art frais...

Si les sujets sont grinçants, la colère sourde, l’humour et les jeux de mots ont toute leur place, car « si on n’a pas le jeu dans l’enjeu, c’est l’ennui », confie-t-il en prélude à la visite de l’exposition. Où l’on ne s’ ennuie pas. Le ton était donné  avant même d’entrer dans la Maba, avec le large panneau installé dans la cour, « En chantier de vous connaître », réalisé en 2015 pour le chantier du CDN (Centre dramatique national) d’Ivry. S’il y a un sens pour déambuler dans « AVEC », il n’y a pas de cartels, mais un « guide » offert au visiteur où chaque oeuvre est documentée, quasiment un catalogue. On apprécie.

Gérard Paris-Clavel, « AVEC » à la MABA / Photo db

 Et comme, cette exposition « est conçue comme un lieu de rencontre, un outil de travail », rappelle la directrice de la Maison d’Art Bernard Anthonioz, pendant toute sa durée elle accueillera différents acteurs, d’horizons très divers,  qui organiseront chacun à leur tour une visite pour rendre compte « de la singularité de leurs pratiques et de leurs réflexions, en regard et en correspondance avec les images et les messages de Gérard Paris-Clavel ». Le programme détaillé est à consulter sur le site de la MABA.

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine des 16 et 17 septembre 2017, les visiteurs auront également accès à l’ensemble –  bâtiments et  parc – du site classé de la Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques (FNAGP).   Pour en savoir plus, cliquer ici.

« Donner à sa présence une signification qui excède l’événement lui-même « …

 

(1) Rêve générale est apparu dans les manifestations de février/avril 2006 contre le CPE (contrat première embauche), et Je Lutte des classes  lors du mouvement social contre la réforme des retraites en 2010.
(2) Extrait de l’article Rêve générale, Quelques réflexions publié dans la revue Carré rouge, N° 42 / Novembre 2009. Pour le consulter dans son intégralité, cliquer ici
(3) L’association est animée actuellement par : Isabelle de Bary, chef de projet; Jérôme Bourdieu, économiste; Jean-Christophe François, géographe; Bruno Lavaux, expert comptable; Thomas Lemaheu, journaliste; Gérard Paris-Clavel;  Gilles Paté, artiste plasticien; Franck Poupeau, sociologue

 

La Maison d’Art Bernard Anthonioz, côté parc © MABA

La Maison d’Art Bernard Anthonioz
16 rue Charles VII
94130 Nogent-sur-Marne
Tél. 01 48 71 90 07
Entrée libre.

Accès :
RER A : Nogent-sur-Marne puis bus 114 ou 210,
arrêt Sous-préfecture
Métro ligne 1 : Château de Vincennes puis bus 114 ou 210,
arrêt Sous-préfecture

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Photographie : « Olivier Verley, Dans le sens du paysage » au musée de l’Isle-Adam

Si le thème du paysage est au coeur de son projet artistique et culturel, le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de l’Isle-Adam l’a jusqu’ici traité surtout par le biais de la peinture et de la gravure (1).  Avec cette exposition d’Olivier Verley, le paysage se révèle par le regard du photographe. « Dans le sens du paysage » rassemble quelque 80 photographies réalisées pour la plus grande partie dans le Parc naturel régional du Vexin français – l’artiste réside à Auvers-sur-Oise – , dans le Gers, ainsi que dans le Parc naturel des Monts Sibyllins en Italie et dans la région de Castille en Espagne. Olivier Verley (né à Neuilly-sur-Seine en 1956) travaille en argentique et en noir et blanc et on ne peut qu’être sensible à sa perception des espaces, de la lumière et du temps qui passe ou qu’il fait.  À voir jusqu’au 17 septembre 2017. Lire la suite

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« Christian Dior et Granville,  Aux sources de la légende » 

Le musée Christian Dior à Granville / DR

Il y a soixante-dix ans, en 1947, Christian Dior présentait sa première collection et lançait le style New Look. Une véritable révolution dans la mode et le succès immédiat pour la maison Dior fondée l’année précédente. Si les créateurs qui se sont succédé  après la mort du couturier en 1957 ont continué à inscrire le « style » de la maison Dior dans l’histoire de la haute couture, l’inspiration première a été puisée dans la demeure granvillaise et son jardin perchés sur les falaises où le grand couturier, né en 1905, a passé son enfance. C’est donc un retour aux origines que propose l’exposition anniversaire Christian Dior et Granville, Aux sources de la légende, présentée jusqu’au 27 septembre 2017  dans la maison familiale devenue Musée Christian Dior. Lire la suite

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Biennale de Sologne : « Quand les Doutes deviennent Forme »…

Biennale de Sologne 2017/Jardin des sculptures, Nausicaa Favart-Amouroux, « Dans l »ombre de Cassandre »

Manifestation dédiée à la sculpture d’art contemporain en paysage, la Biennale de Sologne se déroule du 1er juillet au 17 septembre 2017 à Chaumont-sur-Tharonne et dans une quinzaine de communes et lieux de culture du pays Solognot.  Cette 5ème édition, placée sous la présidence d’honneur du mathématicien Cédric Villani, rassemble une cinquantaine d’artistes et plus d’une centaine d’oeuvres autour de la thématique « Quand les Doutes deviennent Forme ». Invité d’honneur, la galerie Capazza propose une rétrospective de l’oeuvre monumentale du sculpteur Jacky Coville. Lire la suite

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« La Politesse de Wassermann » : Laëtitia Badaut Haussmann à la maison Louis Carré

Laëtitia Badaut Haussmann, « La Politesse de Wassermann », Maison Louis Carré © Martin Argyroglo

Conçue par Alvar Aalto à la fin des années 1950 pour le collectionneur et galeriste Louis Carré (1897-1977) et sa femme Olga, cette maison de campagne, située à Bazoches-sur-Guyonne (Yvelines), est la seule construction de l’architecte finlandais en France. C’est dans cette demeure destinée à accueillir la collection ainsi que l’intense vie sociale, culturelle et artistique de son commanditaire, que Lab’Bel, le Laboratoire artistique du Groupe Bel, a invité Laëtitia Badaut Haussmann à intervenir. L’exposition que propose l’artiste se déploie dans tous les espaces de la maison, dans une déambulation inspirée par la mémoire des lieux et de ses habitants. « La Politesse de Wassermann », projet réalisé en collaboration avec l’équipe de la Maison Louis Carré et sa directrice Ásdís Ólafsdóttir, constitue le troisième volet d’un cycle d’expositions de Lab’Bel établissant un dialogue entre des bâtiments iconiques de l’architecture moderniste et l’art contemporain.  (1)
À voir jusqu’au 3 septembre  2017.
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Les vidéos d’ISMAÏL BAHRI au Jeu de Paume

ISMAÎL BAHRI, Ligne (2011), Jeu de Paume 2017 /Photo db


Le public parisien dispose de tout l’été pour découvrir ou mieux connaître le travail d’Ismaïl Bahri, né en 1978 à Tunis, grâce à l’exposition que lui consacre le Jeu de Paume jusqu’au 27 septembre 2017. Sous l’intitulé « Instruments »,  cette exposition rassemble des vidéos emblématiques de la démarche artistique d’Ismaïl Bahri, ainsi que deux oeuvres réalisées pour l’occasion. De l’ensemble, se dégage l’originalité et la cohérence d’un processus créatif  habité par la durée, la répétition, la disparition, la transformation, le visible et l’invisible…
(1) Lire la suite

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Agathe May, lauréate du Prix de Gravure Mario Avati, à l’Académie des beaux-arts.

Agathe May, « Haute et basse cour », 2013-2014, xylographie en noir et blanc sur papier Japon © Galerie Catherine Putman

Pour sa quatrième édition, le Prix Mario Avati, créé en 2013 en hommage au graveur (décédé en 2009) sous l’égide de l’Académie des beaux-arts, a été décerné à Agathe May, née en 1956 à Neuilly-sur-Seine. L’exposition qui lui est consacrée à cette occasion quai de Conti rassemble une quarantaine d’oeuvres des vingt dernières années. Cette rétrospective permet de découvrir le travail singulier d’Agathe May, tant sur le plan de la technique, avec une utilisation très libre de la xylographie, de la couleur et des supports d’impression, que sur celui des thèmes abordés : ses proches, la nature et la société sur lesquels elle porte un regard à la fois poétique et décalé. À voir jusqu’au 11 juin 2017. Lire la suite

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