L’oiseau d’or de Zadkine …

 

… et le jardin du musée Zadkine à Paris ne seront peut-être pas baignés d’une aussi belle lumière en ce début d’année 2019… Mais il serait dommage de laisser passer l’exposition Ossip Zadkine, L’instinct de la matière, organisée à l’occasion du 130ème anniversaire du sculpteur  né en 1888 en Russie et mort à Paris en 1967, et qui s’achève le 10 février 2019…  

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Musée Gustave Moreau : les abstraits sortent du placard…

Atelier de Gustave Moreau, 3e étage/ Musée Gustave Moreau, Paris © Sylvain Sonnet

C’est au coeur du 9ème arrondissement de Paris, dans le quartier dit de La Nouvelle-Athènes, que se trouve le musée Gustave Moreau, là même où habita et travailla le peintre (1826-1898). Lequel a légué à l’État les lieux avec la collection de ses oeuvres, riche de quelque 25 000 peintures, aquarelles, dessins… Ainsi que nombre d’oeuvres qualifiées d’abord d’ « ébauches », puis d’ « abstraites » au cours du XXe siècle. Gardées en réserve, près d’une centaine de ces peintures et aquarelles sont aujourd’hui présentées au public jusqu’au 21 janvier 2019 dans le cadre de l’exposition Gustave Moreau, Vers le songe et l’abstrait. Organisé sur les trois étages du musée, le parcours de l’exposition se déploie au milieu des oeuvres de l’artiste accrochées aux cimaises du musée, offrant ainsi au visiteur des pistes pour tenter de déchiffrer la singularité et la complexité du processus créatif de Gustave Moreau.

Présenté dans la première section de l’exposition – « La fabrique de l’oeuvre » –  Le Triomphe d’Alexandre, ce grand tableau réalisé entre 1875 et 1890, accompagné de compositions préparatoires,  est une excellente introduction au déchiffrement de ce processus créatif.

Gustave Moreau, « Le triomphe d’Alexandre le Grand © RMN-Grand Palais/ Franck Raux

Dans cette oeuvre « à peine figurative, on peut saisir l’originalité de son art », comme le souligne Marie-Cécile Forest, directrice du musée et commissaire de l’exposition. Le tableau, censé relater la victoire d’Alexandre le Grand sur les armées de Porus, roi de l’Inde du Nord, n’a rien à voir avec une reconstitution historique. « Et l’âme de la Grèce triomphe, rayonnante et superbe, au loin dans ces régions inexplorées du rêve et du mystère », écrit Gustave Moreau.

En effet, le vainqueur, s’il domine du haut de son trône ce qu’on imagine être les vaincus, n’est lui-même qu’un personnage minuscule dans un tableau immense où l’emporte la vision grandiose d’un palais indien creusé au flanc de la montagne, au rendu très graphique. Le trait de dessin se détache encore plus nettement sur cette  masse claire qui se confond presque avec le ciel… « Dans Le Triomphe d’Alexandre, c’est la couleur qui construit et structure la composition d’ensemble sans définir les formes ni les volumes. La couleur se distribue sous forme de touches abstraites sur lesquelles vient se superposer le dessin figuratif », explique Marie-Cécile Forest.

Gustave Moreau, « Les muses quittent Apollon leur père pour aller éclairer le monde » (détail) / Photo db

En poursuivant la visite au deuxième étage et en s’approchant des toiles accrochées au mur du musée, on s’aperçoit que même celles  où les contours apparaissent à première vue nettement définis sont le résultat de ce processus de « superposition ».

La particularité du musée Gustave Moreau est de conserver de très nombreux « essais de couleur » à l’aquarelle sur lesquels Gustave Moreau testait ses couleurs et déchargeait ses pinceaux. L’exposition en présente une quinzaine et quelques aquarelles qui en découlent.

Gustave Moreau, ébauche, Plantes marines pour « Galatée » © RMN Grand Palais/Franck Raux

Moins attendu, un ensemble de peintures sur fond bleu – exposé pour la première fois – dont la particularité est d’avoir été réalisé sur du carton bleu laissé en réserve. Aucun motif n’est repérable, sauf une éventuelle étude de plantes marines pour Galatée, une des dernières oeuvres exposées par l’artiste au Salon…

Gustave Moreau, « Ébauche. Intérieur » © RMN-Gd Palais/René Gabriel Ojéda

L’exposition progresse vers le domaine de l’abstrait au fil des ébauches présentées dans les sections suivantes, au troisième étage du musée, sans qu’il soit possible de savoir si « les oeuvres non figuratives de Moreau sont, en fait, les prémices d’une oeuvre aboutie »,  comme certains critiques l’ont avancé dès l’ouverture du musée en 1903.

Gustave Moreau, « Ébauche » / Photo db

Une interrogation qui se fait plus insistante lorsqu’il s’agit de paysages ou dans des oeuvres où la troisième dimension a totalement disparu et où s’exprime le pur « chant plastique », pour reprendre les mots de Gustave Moreau. Certains critiques ont d’ailleurs voulu voir en lui, dès les années 1960, le père de l’abstraction… Il est vrai que c’est ainsi que notre regard aujourd’hui perçoit ces oeuvres.

Mais, avec la directrice du musée Gustave Moreau on doit se rendre à l’évidence : « l’intentionnalité de ces œuvres ne nous est pas connue. Rien n’indique que Moreau ait voulu faire de manière délibérée une œuvre abstraite au sens contemporain du terme. De fait, Moreau est avant tout un praticien, un ouvrier, un expérimentateur et non un théoricien qui voudrait mettre en pratique une théorie préalable. Ses peintures gardent leur mystère. »

Gustave Moreau, « Tentation de Saint-Antoine » © RMN-Gd Palais/Franck Raux

Et c’est bien ce mystère qui fait tout l’intérêt de cette exposition qu’il faut se  hâter de voir avant que ces « abstraits » ne retournent au placard  – bien réel lui – qui leur est destiné au rez-de-chaussée du musée…

 

Façade sur rue du musée Gustave Moreau. Photo (C) RMN-Grand Palais : René-Gabriel Ojéda

 

 

Musée Gustave Moreau
14 Rue de la Rochefoucauld
75009 Paris

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 17h15
(fermeture des salles 15 minutes avant)
Attention : fermeture à 16h30 le 31 décembre

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Les meubles dévoilent leurs secrets au château de Malmaison

Si l’on avait oublié le sens premier du nom « secrétaire », ce meuble à la mode dans les demeures des XVIIIe et XIXe siècles, l’exposition « Meubles à secrets, Secrets de meubles » présentée au château de Malmaison jusqu’au 10 mars 2019 nous le rappelle de bien belle manière. Au fil d’un parcours dans les appartements de Joséphine et Napoléon, le visiteur découvre les agencements secrets d’une quarantaine de meubles et objets précieux, fruits de l’art et de l’ingéniosité des orfèvres et ébénistes, au premier rang desquels figure Martin Guillaume Biennais (1764-1843), dont une vingtaine de pièces sont exposées. Deux créations contemporaines sont également présentées dans l’exposition, montrant que ces meubles à secrets restent une source d’inspiration pour les talents d’aujourd’hui…  Lire la suite

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« Les Contes cruels de Paula Rego » au musée de l’Orangerie

Paula Rego, « la fille du policier »  1987 © Paula Rego. Courtesy Marlborough Fine Art

À 80 ans passés, l’artiste portugaise Paula Rego fait enfin l’objet d’une exposition conséquente dans un musée parisien.(1) Rassemblant quelque soixante oeuvres –  peintures et gravures des années 1980 à 2000 – ces « Contes cruels », s’ils constituent davantage une anthologie qu’une rétrospective, permettent néanmoins une approche cohérente de l’art singulier, puissant et dérangeant de Paula Rego. Un art figuratif et narratif qui puise son intensité et souvent sa violence dans la propre vie de l’artiste, la complexité des rapports humains, la condition des femmes, la cruauté des contes, l’incohérence des rêves, le brouillage des frontières entre l’humain et l’animal. L’intérêt de cette exposition du musée de l’Orangerie réside aussi dans le fait de présenter des oeuvres de Goya, Redon, Daumier ou Louise Bourgeois, en contrepoint de celles de Paula Rego. À voir jusqu’au 14 janvier 2019. Lire la suite

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« Pathelin, Cléopâtre, Arlequin » : Le théâtre de la Renaissance s’expose à Écouen

Château d’Écouen, vue aérienne, © musée national de la Renaissance

Le château d’Écouen, musée national de la Renaissance, accueille  une exposition consacrée au théâtre français de la fin du XVe siècle aux années 1610. De la farce à la comédie italienne en passant par la tragédie, Pathelin, Cléopâtre, Arlequin explore les différentes formes théâtrales de cette époque où, héritier des traditions du Moyen Âge, le théâtre s’enrichit des idées, arts, échanges et inventions de la Renaissance. Ouverte sur l’Histoire et les Beaux-Arts, l’exposition rassemble 137 pièces – manuscrits, dessins, maquettes, tableaux, objets, etc. – présentées de façon très accessible et qui dialoguent avec les oeuvres permanentes du musée.
À voir jusqu’au 28 janvier 2019. Lire la suite

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« Ossip Zadkine, L’instinct de la matière »

Osssip Zadkine, « Jeune fille à l’oiseau » / Photos db


Organisée à l’occasion du 130ème anniversaire du sculpteur Ossip Zadkine né en 1888 en Russie et mort à Paris en 1967, cette nouvelle exposition du musée Zadkine à Paris met en lumière la manière dont l’artiste dialogue avec les  matériaux et médiums qu’il utilise : la pierre, les différentes essences de bois, mais aussi l’encre, l’aquarelle et la gouache. Ossip Zadkine, L’instinct de la matière permet en effet de découvrir cette partie moins connue de la création de l’artiste que sont ses oeuvres sur papier. C’est aussi l’occasion d’apprécier ce lieu intime et paisible qu’est le musée Zadkine avec son jardin, à deux pas du Luxembourg…
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Rui Chafes et Alberto Giacometti : rencontre à la Fondation Gulbenkian à Paris

Rui Chafes et Alberto Giacometti, « Gris, vide, cris », 2018, Fondation Gulbenkian Paris/ Photo db

L’exposition « Gris, vide, cris », présentée à la délégation en France de la Fondation Calouste Gulbenkian jusqu’au 16 décembre 2018, réunit des oeuvres du sculpteur portugais Rui Chafes et d’Alberto Giacometti. Le premier est né en 1966, l’année où meurt le second. Il ne s’agit ni de confrontation, ni de filiation entre deux artistes que rien a priori ne rassemble, mais plutôt  d’une rencontre. Par le biais de ses propres sculptures, réalisées à cette occasion, Chafes propose une approche inédite d’une sélection d’oeuvres de Giacometti que le visiteur est invité à découvrir dans une proximité singulière et troublante… Lire la suite

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