Au Studio Hébertot, belle performance de Sophie Paul Mortimer dans « Les règles du savoir-vivre dans la société moderne » de Jean-Luc Lagarce.

Sophie Paul Mortimer, Studio Hébertot / Photo Richard Balthauss

Après le théâtre de Vanves en 2017 et 2018, c’est sur la scène parisienne du Studio Hébertot que Sophie Paul Mortimer interprète, jusqu’au 13 janvier 2020,  Les règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce. À nouveau seule sur scène, la comédienne donne vie et corps à ce texte écrit et créé en 1994 à partir de l’ouvrage éponyme de la Baronne Staffe publié à la fin du XIXe siècle. L’ironie et l’humour savamment distillés par Lagarce font de ce manuel à destination de la bourgeoisie un texte à la fois drôle et corrosif, remarquablement servi par le jeu intense et subtil de Sophie Paul Mortimer et la mise en scène à la fois inventive et dépouillée qu’elle signe avec Roger-Daniel Bensky. 

La lumière se fait et elle apparait au fond de la scène, hiératique, pieds nus dans sa robe de satin qu’enveloppe une grande étoffe de soie rose,  qui sera tour à tour étole, cape, voile, linceul… car il faut bien mourir. Pour seul décor une méridienne au centre de la scène. Posé sur le sol, un verre d’eau, un verre à pied. Car il faudra bien qu’elle se désaltère de temps à autre, la Dame en rose, la Conférencière (La Baronne?) chargée d’énoncer devant son public ces  règles du savoir-vivre dans le monde moderne.

Sophie Paul Mortimer, Studio Hébertot / Photo Richard Balthauss

De la naissance au deuil, en passant par le baptême, les fiançailles, le mariage, les noces d’argent et d’or, la Baronne Staffe (1) a décrit avec force détails la conduite à tenir pour tous ces moments importants de la vie dans la haute bourgeoisie en cette fin du XIXe siècle, «Ainsi que cela n’en finit jamais de se passer »…. Tout en conservant des passages entiers du manuel de la Baronne, Jean-Luc Lagarce y a glissé des commentaires implicites ou explicites, sous forme d’apartés de l’oratrice, d’hésitations, de répétitions, d’énumérations – comme le catalogue des prénoms féminins et masculins à choisir pour le baptême, aussi interminable que loufoque et pourtant « authentique »!

Donner corps et âme à cette « oratrice » c’est le fil conducteur de la mise en scène élaborée par Sophie Paul Mortimer et Roger-Daniel Bensky. D’abord avec le jeu de la comédienne, qui s’est formée et a travaillé, entre autres, avec Daniel Mesguich et Patrice Chéreau, et avoue  « un amour immodéré pour les textes ». Le respect du texte donc – auquel contribue l’excellente diction de Sophie Paul Mortimer – mais aussi l’ouverture « d’espaces d’interrogation et de vide fécond » indiqueRoger-Daniel Bensky.

Jean-Luc Lagarce / Photo Michel Quenneville

Il y a peut-être en effet du vécu, de l’affect derrière l’évocation de certains de ces moments de la vie auxquels se réfèrent ces règles du savoir-vivre : nostalgie, regret,  douleur peut-être… Comme une « faille  », le mot est de la comédienne. D’où ces emballements parfois ou au contraire ces arrêts brusques dans la narration, comme pour couper court à quelque sentiment pénible et passer à autre chose. Une interprétation qui ajoute une dimension inquiète, fébrile à ce que peut avoir de comique, d’absurde, l’énoncé de ces préceptes de bienséance. Le tout dans un équilibre subtil, fruit d’un travail permanent au fil des représentations pour resserrer la mise en scène, élaguer pour toujours mieux servir le texte. (2)

« Si l’enfant naît mort, est né mort »… Eh bien, « il faut quand même, tout de même, déclarer sa naissance  (…) et un médecin devra attester que sa mort a précédé sa naissance ». C’est par ces mots,  un emprunt à la baronne subtilement remanié, que commence Les règles du savoir-vivre dans la société moderne, version Jean-Luc Lagarce, le dernier texte écrit avant sa mort en 1995.

Sophie Paul Mortimer est sur la scène du Studio Hébertot le lundi et le mardi à 21h, jusqu’au 13 janvier 2020.

Sophie Paul Mortimer © Richard Baltauss

 

(1) Le pseudonyme aristocratique utilisé par l’auteure – en réalité Blanche-Augustine-Angèle Soyer (1843-1911) – aura très certainement contribué au succès de l’ouvrage. Véritable best-seller en son temps, Usages du monde : règles du savoir-vivre dans la société moderne, a été réédité plus de vingt fois entre 1889 et 1891. On peut en consulter et télécharger le texte sur Gallica, la bibliothèque numérique de la Bnf.
Le texte de Jean-Luc Lagarce est édité, comme l’ensemble de son oeuvre, aux Solitaires Intempestifs
(2) Un équilibre et une intensité du jeu qu’on avait déjà pu apprécier dans la version du Dom Juan de Molière qu’avait donnée Sophie Paul Mortimer en octobre 2012 au théâtre Panopée à Vanves, interprétant tous les rôles de la pièce…  On en avait rendu compte ici même.

 

         Studio Hébertot
78 bis Boulevard des Batignolles
75017 Paris
01.42.93.13.04

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« Graver la Renaissance » au château d’Écouen

Etienne Delaune (1518-1583). « Atelier d’orfèvres (numéro 1) ». Burin. 1576. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Le Musée national de la Renaissance consacre une exposition à Étienne Delaune, orfèvre et graveur français (1518/19-1583), et à son influence sur les arts décoratifs. Reconnu de son vivant comme un graveur hors pair, collectionné par les amateurs de toute l’Europe, il restera en effet jusqu’au XIXe siècle une source d’inspiration. « Graver la Renaissance, Étienne Delaune et les arts décoratifs », première exposition dédiée à cet artiste, réunit quelque 130 objets, gravures et dessins au château d’Écouen, dans les appartements du connétable Anne de Montmorency et de son épouse Madeleine de Savoie.
À voir jusqu’au 3 février 2020.

C’est un plaisir toujours renouvelé d’arriver au château d’Écouen dans le Val d’Oise, après un parcours à pied dans les bois, plus ou moins long selon qu’on sera venu par le train ou en voiture. L’édifice a conservé une grande partie de son décor d’origine -cheminées, frises, pavements, vitraux – auquel est venu s’ajouter la riche collection d’arts décoratifs du musée – mobilier, orfèvrerie, céramique, verrerie, émaux peints, tapisseries et tentures de cuir –  offrant un vaste panorama de la création artistique et de l’art de vivre à la Renaissance. C’est André Malraux qui a décidé en 1969 de faire du château édifié au XVIe siècle par le connétable de Montmorency le musée national de la Renaissance, lequel sera inauguré en 1977. (1) En l’absence d’espaces dédiés aux expositions temporaires, celles-ci sont présentées dans les appartements.

Après  une exposition très intéressante et inédite consacrée au théâtre de la Renaissance,  « Pathelin, Cléopâtre, Arlequin » , les appartements du connétable Anne de Montmorency et de son épouse Madeleine de Savoie au premier étage du château accueillent « Graver la Renaissance, Étienne Delaune et les arts décoratifs ». Si pour beaucoup cet Étienne Delaune  est un « illustre inconnu  », il est « connu des spécialistes et doit sa réputation flatteuse pas tant à son travail d’orfèvre qu’à celui de graveur », explique Julie Rohou, conservateur du patrimoine au Musée national de la Renaissance et commissaire scientifique de l’exposition.

Ce qui contribue à en faire une figure d’exception, c’est tout autant la perfection technique de son style que son choix de graver en miniature. Ce format est en effet très adapté aux besoins des artisans, maîtres-orfèvres, émailleurs ou peintres verriers, qui sont toujours à la recherche de modèles simples à copier pour décorer leur propre production. La première miniature qu’on peut admirer dans l’exposition représente un atelier d’orfèvre (voir plus haut). Une loupe mise à la disposition du visiteur permet d’en apprécier la précision et la finesse.

Reproduite à grande échelle, cette même gravure sert de décor à la présentation d’une coupe-reliquaire somptueuse, prêt du musée du Vatican et « rare objet parisien qu’on peut attribuer à Delaune, puisque issu de l’atelier de son maître ». Rare parce que, dépit de son talent, « pour avoir été formé en province, Delaune ne sera jamais maître et restera compagnon », précise Julie Rohou, et  que ce statut « d’ouvrier qualifié » ne lui donne pas le droit de posséder un poinçon qui permettrait d’identifier les oeuvres sur lesquelles il a travaillé.

Delaune, Portrait Ambroise Pare / Bnf

Étienne Delaune, protestant, devra fuir Paris après la Saint Barthélémy, à laquelle nombre de ses proches n’ont pas survécu. Après dix ans d’exil à Strasbourg et en Allemagne, il revient en 1582 dans la capitale où il meurt l’année suivante. Un très beau portrait d’Ambroise Paré, lui aussi de confession protestante,  est la dernière oeuvre datée (1582) de l’artiste.

Comme la grande majorité des graveurs, Delaune n’invente pas ses propres compositions mais copie des dessins qui lui sont fournis, mettant sa virtuosité au service de la fidélité au modèle d’origine. Lesquels émanent pour beaucoup d’artistes italiens, notamment ceux convoqués par François Ier pour décorer à partir de 1530 sa résidence de Fontainebleau.

Il travaille aussi en étroite collaboration avec des peintres parisiens, comme Baptiste Pellerin, « inventeur » des dessins de la majorité des suites gravées par Delaune, qui signe seul les estampes, ce qui s’explique par le fait que « à la Renaissance,  l’exécution était privilégiée par rapport à l’invention et le graveur souvent plus valorisé que celui qui lui fournissait ses modèles ».

La création de la femme, 1ère moitié XVIIe/ Musée national de la
Renaissance / Photo db

La dernière section de l’exposition est consacré, précisément, au rôle que joue l’estampe dans la diffusion à l’échelon européen de ces « modèles » auprès des ateliers de la Renaissance. Leur reproduction sur tous types de supports et de matériaux contribuent  à « une harmonisation des arts décoratifs ».

Coupe en or à décor de saisons, Augsbourg, vers 1580 / Photo db

Et la petite taille des séries thématiques gravées par Delaune  – chasse, saisons, sujets bibliques, mythologiques et allégoriques, ou encore grotesques – leur permet de s’adapter à différents types d’objets – assiettes, vases, gobelets, horloges, camées, pendentifs … – dont on peut voir de très beaux exemples dans l’exposition.

Reinhold Vaster, Pendentif « Le meurtre d’Abel », XIXe siècle / Musée national de la Renaissance / Photo db

Mais l’influence de Delaune sur les arts décoratifs va bien au-delà de la Renaissance. Il a aussi nourri l’imagination du XIXe siècle. Les mêmes caractéristiques techniques qui rendaient ses estampes si aisément exploitables pour des artisans de la Renaissance ont été mises à profit pour créer nombre de faux! Notamment en orfèvrerie…

Après cette exposition réalisée grâce aux prêts de pièces rares consentis par de nombreux musées et institutions en France et en Europe, vingt-sept au total, le visiteur est invité à se rendre au deuxième étage du château, pour y poursuivre sa découverte des  oeuvres inspirées par Étienne Delaune, cette fois laissées dans leur contexte, au sein des collections permanentes du musée national de la Renaissance.

Le château d’ÉCOUEN / photo db


(1)
Une décision prise suite à la fermeture en 1962 de la première maison d’éducation des jeunes  filles de la Légion d’Honneur qui l’occupait depuis sa création en 1807 par Napoléon. Elle répondait aussi au souhait de mettre à disposition du public les œuvres Renaissance du musée de Cluny au moment où ce dernier se consacrait à la période médiévale.

 

Musée national de la Renaissance
Rue Jean Bullant
95440 Ecouen
Tel. 01 34 38 38 52

Accès par le train
Gare du Nord banlieue : ligne H (voie 30 ou 31) 25 minutes
direction Persan-Beaumont / Luzarches par Monsoult
Arrêt gare d’Écouen-Ézanville
Puis autobus 269, direction Garges-Sarcelles (5 min) Arrêt Mairie/Château
On peut aussi rejoindre le château à pied depuis la gare  par la forêt (20 min), le chemin est balisé.

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Le « Dictionnaire des mots parfaits » aux éditions Thierry Marchaisse


Après les dictionnaires des « mots manquants » et  des « mots en trop » , avec ce dernier opus des « mots parfaits » s’achève la trilogie de ces dictionnaires qui n’en sont pas vraiment, orchestrés  par Belinda Cannone et Christian Doumet et publiés par les Éditions Thierry Marchaisse. Au fil des ans une centaine d’écrivains se seront donc prêté au jeu, ouvrant leur « atelier secret » des mots, pour en regretter l’absence ou en rejeter l’usage ou encore élire leurs favoris. Car bien sûr, la perfection est ici synonyme de préférence tout à fait personnelle, dans la relation intime que chacun entretient avec la langue et ses mots. Outre les moments de plaisir et de découverte que ce Dictionnaire des mots parfaits  réserve au lecteur, il est l’invitation faite à celui-ci d’aller en quête des siens, de mots parfaits…

S’il est une règle que ce dictionnaire hors norme respecte, c’est l’ordre alphabétiques des « entrées », soixante-sept au total, d’adéquat à vie. Tout un programme! Adéquat, d’ailleurs, ce pourrait être la définition d’un mot dit parfait. Car si la subjectivité domine dans l’attachement à certains mots, des auteurs s’essaient quand même à définir ce qui en fait la « perfection », comme – justement – l’adéquation à la chose. Mais aime-t-on le mot parce qu’on aime la chose qu’il désigne? Une question qui flotte entre Platon et Spinoza… C’est en tout cas l’option retenue par François Bordes pour bouquiniste : « le mot n’est pas joli, mais la chose qu’il désigne est si belle, si nécessaire,… », écrit-il. N’y aurait-il pas là une certaine confusion? Un peu plus loin en effet la plume de Pascal Commère s’affole avec groseille : « Me voilà pris au jeu. Habité d’une idée qui doit tout à un mot (…) Qu’est-ce qui dans le mot fait qu’il est et pas un autre? (…) Qu’est-ce qu’une groseille? La chose est si petite, presque insignifiante »…

Belinda Cannone & Christian Doumet / DR

Gilles Ortlieb voit dans la recherche d’ une « définition du mot parfait, et (de)ce qui le fonde », un préalable nécessaire. Peut-être   « Une succession de sons entrant en résonance avec l’idée qu’on se fait de ce qu’ils désignent, sans la moindre dissonance? », suggère-t-il. Avant de finalement porter son choix sur le mot varlope… emprunté à l’ébénisterie, ne nous méprenons pas.

D’autres pistes sont suggérées au fil des pages. Les mots parfaits seraient-ils ceux qui sont intraduisibles? Ou rares? Comme Masulipatan, élu par Christophe Pradeau qui a puisé sa signification dans le Littré – « un des derniers à lui avoir réservé une place dans sa nomenclature » – : « très fine toile de coton des Indes, ainsi dite de la ville de Masulipatan où on la fabrique ». Le lecteur, qui avait d’abord cru à  un animal imaginaire – genre Marsupilami – ou à un mot à la Queneau – Doukipudonktan – voit son lexique personnel enrichi d’un nouveau substantif. Mais difficile à placer dans la conversation, on en conviendra…

Ce qui n’est pas le cas de métamorphose, choisi pour sa musicalité, car  « tout mot doit d’abord charmer par lui-même, sans autre mérite que sa musique », nous dit Béatrice Commengé. « Mais, ajoute-t-elle, le miracle de sa perfection tiendra à ce mystérieux accord qui surgit parfois entre le sens et la mélodie ». Et ce sens pour l’auteure est tout simplement celui de la « vie »…

« Baltimore », Jean-Philippe Domencq à la Maison de la poésie (4 juin 2019

Le mot nuit, élu par Renaud Ego est l’occasion d’un détour par l’allemand « nacht » et l’anglais « night », qui ne soutiennent pas la comparaison avec le vocable de la langue française et « cette union vécu comme parfaite d’un signifiant et d’un signifié ». Laquelle, bien sûr « tient aux valeurs que j’accorde à la nuit elle-même », précise-t-il.

Plus radicale est la démarche de Jean-Philippe Domecq : évoquant son amour pour le mot Baltimore, il avoue n’avoir « jamais cherché à savoir pourquoi » et n’avoir « toujours pas envie de savoir ». Il ne sait qu’une chose, « une seule : Baltimore est une ville américaine ». Et loin de se sentir frustré, le lecteur lui sait gré de cet amour inconditionnel du mot pour le mot…

En ce qui concerne la forme, il y a les auteurs minimalistes auxquels quelques lignes suffisent pour énoncer leur choix : une douzaine pour Enthousiasme (Simonetta Greggio), deux seulement à Franck Lanot : « le mot parfait est parfait / le mot parfait est parfait » ! Et il y a – ils sont plus nombreux – les auteurs prolixes avec quelque quatre ou cinq pages. Avec une mention spéciale à Philippe Renonçay qui ne lâche qu’au bas de la septième page le mot Merci, concluant son article comme  Romain Gary avait conclu Vie et mort d’Émile Ajar :  « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. » (1)

C’est sur le mot vie que s’achève le Dictionnaire des mots parfaits, avec un beau texte de Jean-Pierre Martin pour qui ces trois lettres illustrent parfaitement la phrase de Diderot : « Un mot n’est pas la chose, mais l’éclair à la lueur duquel on l’aperçoit ». Si le mot mort – on ne s’en étonnera guère – n’y figure pas, la chose n’en est toutefois pas absente. L’ouvrage est dédié à Pierrette Fleutiaux, morte brutalement le 27 février 2019 : « Son dernier geste d’écriture restera donc ainsi éternellement suspendu entre ses deux mots préférés : astrophysique  et coquelicot » .

On avait rendu compte ici-même du Dictionnaire des mots manquants  et du Dictionnaire des mots en trop

(1) Vie et mort d’Émile Ajar a été publié en 1981 par Gallimard à qui Romain Gary l’avait envoyé le jour de son suicide, le 2 décembre 1980.

Editions Thierry Marchaisse
221 rue Diderot
94300 Vincennes
Tél. : +33 (0)1 43 98 94 19

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« Monumental Balzac » au musée des Beaux-Arts à Tours …

 

De gauche à droite : »Balzac en redingote » 1891; « Balzac nu » 1892; « Balzac en robe de moine » 1893; « Balzac, étude drapée 1896 © Musée Rodin


… ou la Petite histoire des monuments au grand écrivain, contée dans la ville qui l’a vu naître il y a 220 ans, le le 20 mai 1799. Une histoire pleine de péripéties qui court sur un peu plus d’un siècle, avec des monuments réalisés – encore debout ou détruits,  d’autres restés à l’état de projet ou d’autres encore à venir… De la sculpture de Paul Fournier, inaugurée à Tours en 1889  à celle de Falguière, inaugurée à Paris en 1902, en passant bien sûr par « le » monument qu’est le Balzac de Rodin, objet de scandale en 1898 avant d’être reconnu comme une oeuvre majeure. Et ce n’est pas le moindre intérêt de cette exposition que de présenter un nombre important de pièces évoquant  la longue gestation –  sept ans – de la sculpture de Rodin. Une histoire des monuments à Balzac qui se poursuit à Tours avec la commande passée à l’artiste conceptuel Nicolas Milhé pour une série d’oeuvres en hommage à la Comédie humaine…
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«  Le journal d’un homme de trop » au Théâtre Darius Milhaud à Paris

« Comment rester tranquille alors que la vie est passée ? J’ai tout de même le droit de me souvenir, de chercher pourquoi… » Ces mots sont ceux de Nicolas Nicolaïevitch Tchoukaltourine, un homme atteint d’une maladie incurable et qui, à l’approche de la mort, décide d’écrire son journal. Peut-être ainsi comprendra-t-il pourquoi rien n’a été possible dans sa vie. De la nouvelle d’Ivan Tourgueniev publiée en Russie en 1850, Jérôme Godeau pour l’écriture et Yacine Benyacoub pour la mise en scène livrent une adaptation théâtrale réussie. La qualité du spectacle doit aussi beaucoup à toute l’équipe artistique et technique, et notamment à la scénographie numérique inventive de Mahfoud Yacef et, bien sûr, à la justesse d’interprétation des quatre acteurs – Gérard Gheleyns, Martin Alcouffe, Pascale Karsenti, Juliette Pi – qui se partagent sur la scène le présent et le passé de cet « homme de trop »…

De gauche à droite et de haut en bas : Gérard Gheleyns, Martin Alcouffe, Pascale Karsenti, Juliette Pi

On osera dire que le spectacle, lui, n’est pas de trop. Il ne reste  que trois dates pour le découvrir dans la petite salle du théâtre Darius Milhaud : le dimanche 26 mai à 15h et les vendredis 7 et 21 juin 2019 à 21h.
En souhaitant que d’autres scènes puissent l’accueillir …

« La voix de Nicolas Nicolaïevitch, couché sur le divan, fait resurgir quelque chose de très archaïque. Elle s’élève au présent sans jamais cesser de raviver le passé, captive du manque, de l’objet perdu. Lancinante, elle rejoue sans cesse ce qui aurait pu être et n’a pas été, elle invoque les fantômes de l’amour ni donné ni reçu… derniers remords avant l’oubli définitif. » (Jérôme Godeau)

 

 

Théâtre Darius Milhaud
84 Allée Darius Milhaud
75019 Paris
Téléphone : 01 42 01 92 26

MÉTRO:
Ligne 5 : Station PORTE DE PANTIN (300m du Théâtre)
Ligne 7 : Station DANUBE (400m du Théâtre)

 

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Exposition « De l’immersion à l’osmose, Chaosmose » au Château de Rentilly

Bojan Sarcevic, coll. IAC/ Photo Bernd Borchardt ©Bojan Sarcevic

Le Frac Ile-de-France accueille sur son site du Château de Rentilly une exposition réalisée à partir d’oeuvres issues de la collection de l’Institut d’art contemporain (IAC) Villeurbanne/Rhône-Alpes. Une interrogation sur les modalités et les bouleversements de notre présence au monde constitue le fil conducteur de « Chaosmose, de l’immersion à l’osmose » . Dépassant une vision anthropomorphe et anthropocentrique, les artistes explorent la relation de l’homme au monde, au cosmos,  en faisant appel à toutes les formes d’expression : vidéo, sculpture, installation, photo, dessin…
À voir jusqu’au 21 juillet 2019 Lire la suite

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« Rwanda 1994, notre histoire? » : exposition au Mémorial de la Shoah à Paris

 

Dessin Diane 12 ans

 

 

« J’ai surmonté tellement de choses, Je suis immortelle!

    Je vais vivre sous l’avocatier que        mon père  a planté et vivre d’avocats

     Plus tard, je planterai des               graines. »

 

 

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