L’OASIS d’ABOUKIR : Patrick Blanc de retour à Paris…

L'Oasis d'Aboukir © db

L’Oasis d’Aboukir © db

… Avec un nouveau mur végétal  au coeur du 2ème arrondissement. Depuis trente ans le  botaniste-chercheur Patrick Blanc essaime un peu partout dans le monde les murs végétaux qui ont fait sa renommée.  À Paris, on le connait surtout pour sa végétalisation de la façade du musée du Quai Branly, en collaboration avec Jean Nouvel.  Avec L’Oasis Aboukir, Patrick Blanc signe pour la première fois une réalisation qui s’inscrit dans l’espace public de la capitale. Son inauguration a eu lieu le 10 septembre 2013  dans le cadre du parcours « Archi & Design » de la Paris Design Week.

Lorsqu’après être sorti du métro à la station Sentier, on marche dans la rue Réaumur jusqu’à la rue d’Aboukir, on n’a pas longtemps à s’interroger pour savoir dans quel sens il faut s’y engager pour aller à la rencontre de l’Oasis Aboukir : en tournant la tête à gauche on  aperçoit  déjà sa cascade de verdure  au milieu des immeubles. Installé sur un pignon d’immeuble donnant sur une placette, à l’angle de la rue d’Aboukir et des Petits Carreaux, ce mur végétal de 25 mètres de haut métamorphose  l’espace public alentour.  Sur cette surface de 250 mètres carrés, cohabitent 7600 plantes de 237 espèces et variétés différentes.

L'Oasis d'Aboukir, détail © db

L’Oasis d’Aboukir, détail © db

Une réalisation qui pourrait apparaître  modeste pour Patrick Blanc au regard des prouesses que constituent les murs végétaux de Sydney (150 mètres) et de Kuala Lumpur (200 mètres) avec l’architecte Jean Nouvel,  ou les 70 colonnes habillées de plantes pour le nouveau Miami Art Museum avec Herzog et de Meuron, ou encore des murs en zone désertique, comme récemment à Barhein. Pourtant, il considère l’Oasis d’Aboukir comme « unique dans (son) parcours« . Il est vrai qu’avec ce nouveau mur végétal, il signe son retour dans la capitale en investissant pour la première fois un espace public, en réponse – ce qui peut sembler paradoxal – à une commande privée. « Je suis très heureux de contribuer au bien-être et à la conscience écologique des habitants d’un quartier historique au coeur de Paris », déclare-t-il. D’autant que « L’orientation sud-ouest du mur permettait une gamme d’espèces végétales assez large et que l’installation s’est déroulée dans des conditions optimales en sept semaines seulement, en bénéficiant des meilleures périodes de plantation que sont mars et Avril. »

Patrick Blanc, lors de l'inauguration de l'Oasis d'Aboutir © db

Patrick Blanc, lors de l’inauguration de l’Oasis d’Aboukir © db

Lors de l’inauguration de l’Oasis d’Aboukir,  Patrick Blanc – en look intégral vert (cheveux, chemise, chaussures et même… bague) comme à son habitude – est revenu également sur les étapes de son parcours parisien, marqué notamment par la collaboration avec la designer Andrée Putman pour l’hôtel Pershing Hall en 2001, puis avec Jean Nouvel pour le Musée du quai Branly en 2004, pour mieux souligner l’importance de cette nouvelle réalisation dans la capitale, après toutes celles dans le monde entier. (1)

Si les murs végétaux sont devenus  sa marque de fabrique (au sens propre puisqu’il en est l’inventeur selon un procédé qu’il a breveté), Patrick Blanc est  d’abord et avant tout botaniste, chercheur au CNRS, docteur es-sciences et lauréat de l’Académie des sciences. Car, tient-il à rappeler,  « le procédé Mur Végétal est basé sur la connaissance botanique des plantes et de leurs exigences ».

Patrick Blanc à Chaumont-sur-Loire en 2009 © RFI/db

Patrick Blanc à Chaumont-sur-Loire en 2009 © RFI/db

Une vocation de botaniste née très tôt, comme il nous le racontait  en 2009, lors du festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, dont il était l’invité : « Chez mes parents j’avais des aquariums et, vers 10/12 ans, j’avais lu dans une revue allemande que pour purifier l’eau de l’aquarium, il fallait y faire tremper des racines de philodendron. J’ai vu les racines blanches se développer dans l’eau et le gosse que j’étais trouvait ça magique : moi qui suis protestant et allais à l’école religieuse où l’on nous apprenait qu’une fois chassés du jardin d’Eden on allait devoir cultiver la terre à la sueur de notre front et se battre contre les ronces, etc., tout d’un coup,  je m’aperçois que mon philodendron pousse merveilleusement avec ses racines dans l’eau, sans avoir à me fatiguer » (2)

Viendront ensuite les expériences tropicales et la formation scientifique, avant d’en arriver aux murs végétaux, cette manière d’introduire la biodiversité sur les murs des villes, avec une viabilité  à long terme comme le recul sur plusieurs décennies permet de le constater, et d’offrir un élément de réponse à la difficulté de concilier espaces verts et densité urbaine.  « Les plantes deviennent un élément de dialogue avec l’homme, en liaison avec leur disposition verticale et, enfin, plus simplement, parce qu’elle n’empiètent plus sur l’espace horizontal, laissé libre à l’activité urbaine et à la circulation des passants« .

Des passants amenés à faire une halte dans leur parcours de citadins pressés,  distraits – dans tous les sens du terme – par le spectacle inattendu de cette végétation verticale…

Le mur végétal de l'Hôtel Pershing Hall (détail) © DR

Le mur végétal de l’Hôtel Pershing Hall (détail) © DR

(1) Citons aussi, à Paris, la toute première expérience que fut en 1988 le mur végétal de la Cité des sciences à la Villette, suivie des murs végétaux de la Fondation Cartier, du BHV Hommes, du centre commercial Les Quatre Temps à la Défense. Sans oublier les expositions, Folies végétales à l’espace Electra en 2006 et récemment Le Ciel Vert dans le cadre de la manifestation l’Art du Jardin au Grand Palais à  Paris, en mai/juin 2013

(2) Pour lire la suite, cliquer ici

Publicités
Cet article, publié dans Art de vivre, Tendances, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s