RATP : « Osmose », la station de bus du futur

Depuis le 22 mai 2012, l’abribus de l’arrêt Gare de Lyon-Diderot, est remplacé par une « station expérimentale de bus multiservices ». Ce prototype, conçu par le designer Marc Aurel, a été réalisé dans le cadre du projet européen EBSF (European Bus System of the future) dont la RATP est partenaire et qui est  destiné à revaloriser le bus comme moyen de transport. Il s’agit d’améliorer non seulement le confort des véhicules, mais aussi celui des stations avec une surface accrue et des propositions multiples de services, pour une attente à la fois plus agréable et utile.

Feuilleter ou emprunter un livre… / Photo DB

C’est ainsi que les voyageurs d’un bus des lignes 57, 61 et 91 ou d’un Noctilien, à la station du 17 boulevard Diderot, face à la gare de Lyon, peuvent prendre un café (le matin), acheter un plat cuisiné à emporter, emprunter un livre (1), recharger leur téléphone, consulter internet en wifi…  et, bien évidemment, acheter des tickets, s’informer sur l’itinéraire et l’horaire des bus ou consulter le plan du quartier et les annonces locales, etc…  Il est aussi possible de garer son vélo ou d’en louer un, électrique. Tout cela dans un espace de 85 mètres carrés – soit dix fois plus que les actuels abribus – ouvert sur la chaussée et sur le trottoir, de manière à rendre les services accessibles aussi bien aux voyageurs qu’aux passants et riverains.

D’où le nom « Osmose » adopté pour la démarche entamée en 2009 et qui a abouti à cette station-pilote de bus. En rassemblant un certain nombre d’innovations, elle constitue, à l’instar d’un concept car, un véritable « outil de recherche, de démonstration et de réflexion », indique-t-on à la RATP. Son directeur général adjoint, Yves Ramette se félicite d’avoir « fédéré autant de partenaires autour de la place du bus dans la ville », tant sur le plan technologique que logistique, en liaison notamment avec la Mairie de Paris et l’opérateur de mobilier urbain.

Pour la réalisation de ce projet expérimental, la RATP a fait appel  à l’architecte-designer Marc Aurel, déjà à l’oeuvre pour le mobilier urbain des stations de tramway de la future ligne T6 ( Châtillon-Velizy-Viroflay) qui sera ouverte au public en 2014.

Marc Aurel a joué sur le double registre de l’innovation et de la référence au patrimoine du transport parisien. C’est ainsi qu’est testée pour la première fois dans l’espace urbain la technologie E-Glas de vitrage chauffant, élaborée par Quantum Glass (marque du groupe de Saint-Gobain) : habituellement appliqué aux façades, ce vitrage transparent utilisé comme paroi centrale de la station de bus diffuse une chaleur rayonnante quand la température extérieure baisse. Citons aussi l’éclairage LED évolutif (Philips)  – véritable « bain de luminothérapie », souligne, enthousiaste, Yo Kaminagai, le Monsieur Design de la RATP (2). Ou encore le design sonore intégré dans la structure même du mobilier (société Audionaute).

Paroi de verre chauffante et banc de céramique / Photo DB

Quant au mobilier en céramique – fruit d’une recherche menée par Marc Aurel depuis 2009 avec le CRAFT (Centre de Recherche des Arts du Feu et de la Terre) de Limoges – il évoque les carreaux blancs des stations de métro. Autre référence aux codes historiques du transport parisien : la silhouette de la marquise, interprétation contemporaine de celles conçues par  Guimard pour les entrées du métro parisien.

On doit dire, qu’à l’œil, cette « station de bus Osmose » a de quoi séduire et que l’ensemble des services proposés est attractif. C’est maintenant aux usagers d’en tester la pertinence et la viabilité. Ils ont pour cela six mois…

Maison de la RATP à Paris / Photo DB

(1) En partenariat avec l’association Les Amis de Circul’Livre, créée en 2007, dans le XIIe arrondissement, précisément, à partir d’une idée développée en 2004 par des habitants de cet arrondissement, pour partager, mettre en circulation leurs livres. Il s’agit de « promouvoir le plaisir de la lecture » et inciter les gens à poursuivre leurs découvertes en bibliothèques ou chez les libraires.
Presque tout Paris s’y est mis, ainsi que certaines communes de banlieue et villes de province… Le système est simple : gratuité complète, on apporte un ou plusieurs livres (2 ou 3 maxi car l’association n’a pas de lieu de stockage) et on en emprunte, si possible autant, sans limite de durée. La restitution peut se faire ailleurs que sur le lieu d’emprunt « tout ce qu’on demande aux gens, précise-t-on, c’est de « ne pas enterrer les livres »…  Les livres mis en circulation sont estampillés avec le logo de Circul’Livre. Les rendez-vous ont lieu le plus souvent en extérieur, dans un lieu et à une date et des horaires précis – la liste est consultable sur le site de l’association.
On comprend l’intérêt des amis de Circul’Livres pour ce nouvel espace urbain de la station de bus « nouvelle génération » où cent livres – dont des ouvrages pour enfants – y ont été déposés le jour de l’inauguration, le 22 mai 2012.

(2) Yo Kaminagai est depuis octobre 1995, responsable de l’unité Design & Projets culturels du département Espaces et Patrimoine de la RATP.

Liens utiles :
http://marcaurel.fr/
http://www.quantumglass.fr/
http://www.audionaute.com/page1.html
http://www.craft-limoges.org/ 

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