Au jardin anglais du Château de la Roche-Guyon, « Ici sont passés … »

Château de La Roche-Guyon, vue du jardin anglais © db

Château de La Roche-Guyon, vue du jardin anglais © db

… trois photographes.

Répondant à l’invitation de l’Etablissement public de coopération culturelle (EPCC) du Château de la Roche-Guyon, Pauline Fouché, Olivier Lapert et Catherine Pachowski ont arpenté le jardin anglais et déchiffré chacun à sa façon son entrelacs de verdure et de pierres. Résultat : une intéressante exposition photographique mêlant réel et imaginaire, présentée dans les communs du château.
A voir jusqu’au 24 novembre 2013 

Le Château de la Roche-Guyon dans le Val d’Oise, c’est d’abord un site exceptionnel. Adossé depuis le Moyen-Âge à une falaise de craie surmontée par l’un des plus anciens donjons de France, situé en bordure d’une boucle de la Seine, l’édifice est à lui seul un parcours d’architectures où défilent les siècles. Il y a aussi ses jardins aménagés au siècle des Lumières par la famille de La Rochefoucauld. À la géométrie rigoureuse du jardin potager qui déploie en bordure de Seine ses 3,5 hectares, s’oppose le jardin anglais. Vestige des « promenades sublimes » de la duchesse d’Enville, la végétation y a repris ses droits, dans un fouillis de verdure au milieu duquel serpente un chemin en lacets débouchant sur un belvédère.

C’est aussi un lieu habité par la pensée des Lumières et animé d’un souci citoyen et  artistique. Sous la houlette de son directeur, Yves Chevalier, le château et son domaine s’ouvrent régulièrement à l’art contemporain. C’est ainsi qu’en avril 2013, lors de l’exposition Plug in, des étudiants de l’Ecole nationale supérieure d’Art de Paris-Cergy ont « greffé » leurs oeuvres dans les murs du château, donnant lieu à quelques belles rencontres éphémères.

Olivider Lapert, "la bibliothèque des silex" © db

Olivider Lapert, « la bibliothèque des silex » © db

Avec Ici sont passés, c’est une rencontre d’un autre type qui a eu lieu, une triple rencontre entre un lieu, le jardin anglais, et trois regards photographiques, ceux de Pauline Fouché, Olivier Lapert et Catherine Pachowski, tous trois « passés », eux aussi, par l’Ecole d’art de Paris-Cergy. Chacun a pris le temps, son temps, pour parcourir, découvrir, interroger, déchiffrer le jardin, en saisir les transformations  – les jardiniers du château le redessinent discrètement, élaguant et débroussaillant ici et là – et le mystère. Chacun y a raconté une ou des histoires.

Olivier Lapert a eu, entre autres, l’idée de déposer sur des étagères « les silex (…) glanés pendant des mois » au fil de ses incursions dans le jardin. la photographie de cette « bibliothèque » évoque tout à la fois la falaise où s’est incrusté le château avec son jardin et la disparition des 12000 ouvrages de la bibliothèque vendus en 1987 et remplacés par les «livres fantômes » d’Alain Fleischer.

Pauline Fouché et le miroir noir © Pauline Fouché

Pauline Fouché et le miroir noir © Pauline Fouché

Pauline Fouché a fait usage d’un « miroir noir » (1), qu’elle a confié à une vingtaine de  personnes invitées à participer à son projet. De chaque rencontre a surgi un univers particulier qu’elle a recomposé avec des supports différents (photographies, projections, son).

Catherine Pachowski a choisi de peupler le jardin l’espace d’un instant. Cela donne la série Promenades à la Montagne, où  des présences humaines et animales induisent  une relation particulière à l’environnement de verdure et de roche, dans un mélange de réalisme et d’onirisme. Une dizaine de clichés où au-delà, ou peut-être même à  cause de la facture assez conventionnelle, les êtres en situation surgissent comme le point de départ d’une histoire que chaque visiteur peut narrer à sa guise…

Un visiteur qui a très envie à son tour de se frotter au mystère de ce jardin anglais, où grâce à cette exposition  « semble ouverte la porte des possibles« …  pour reprendre la jolie formulation de l’historienne d’art Sandra Černjul.

Catherine Pachowski, © db

Catherine Pachowski, Le faucon (Promenades de la Montagne) © db

(1) Le miroir noir est un petit miroir de poche (aussi appelé « miroir de Claude »), utilisé au XVIIIe siècle pour regarder les paysages et qui avait pour fonction de mettre à distance la réalité et d’en donner une image éphémère. A noter : celui qui le regarde ne s’y voit pas…

E.P.C.C du Château de La Roche-Guyon
1 rue de l’Audience
95780 La Roche-Guyon
Tél. 01 34 79 74 42
Courriel : information@chateaudelarocheguyon.fr

En 2014, Un rêve de Lumières verra le retour au Château de la Roche-Guyon, le temps d’une exposition, des fameux globes terrestre et céleste de l’Abbé Nollet (1700-1770). Acquis par la Bnf, ces globes ont été rarement présentés au public depuis leur fabrication par l’abbé Nollet vers 1730.

Mais d’ici là, deux rendez-vous à ne pas manquer :
Les Journées européennes du Patrimoine, les 14 et 15 septembre 2013
OKSÉBO, LES DUOS, 4ème édition du 28/9 au 6/10/2013 (expositions d’oeuvres réalisées par des duos artistes-artisans)

Le château de la Roche-Guyon et son donjon © db

Le château de la Roche-Guyon et son donjon © db

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