Grâce à la Compagnie Oghma, « Bérénice » de Racine renoue avec la tradition baroque.

« Bérénice » par la Compagnie Oghma, le trio © Crédit photo Jean-Luc Kokel

Drame de l’amour et du pouvoir, la pièce écrite par Racine en 1670 nous touche encore aujourd’hui. Sans doute parce qu’il n’y eut jamais si peu d’action – une décision à assumer – et autant d’intensité, portée une langue sublime, dans ce théâtre qu’on appelle classique, oubliant qu’il fut d’abord baroque. C’est ce que nous rappelle la Compagnie Oghma, en recréant la gestuelle, la langue, la diction, les costumes et l’éclairage caractéristiques de l’esthétisme pratiqué à l’époque de Racine. Une version intime et concentrée de la tragédie qui conjugue raffinement, sobriété et émotion. Jouée à Paris, au Studio Raspail en novembre dernier, Bérénice le sera à nouveau et pour une unique représentation, le 10 janvier 2020.  Lire la suite

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« La Magie lente » opère à nouveau au Théâtre Paris Villette

 » La Magie lente », Benoit Giros © DR

Cette « Magie lente », présentée cette fois sur la scène du Théâtre Paris-Villette , est celle de la psychanalyse. Si l’expression est empruntée à Freud, il ne s’agit pas ici de théorie, mais d’un récit fictif, la narration d’un cas, celui de M. Louvier. Ce dernier, diagnostiqué schizophrène pendant dix ans, a décidé de consulter un nouveau psychiatre. Lequel, persuadé d’emblée que ce diagnostic est erroné, va user de la magie lente du processus psychanalytique pour que son patient se réapproprie peu à peu avec ses propres mots son histoire familiale et son terrible secret. Grâce au texte sans concession et remarquablement construit de Denis Lachaud et l’interprétation à la fois sobre, intense et juste  de Benoit Giros, seul en scène, le spectateur est embarqué lui aussi progressivement dans ce difficile parcours à la découverte de soi.
À voir jusqu’au 7 décembre 2019 Lire la suite

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Au Studio Hébertot, belle performance de Sophie Paul Mortimer dans « Les règles du savoir-vivre dans la société moderne » de Jean-Luc Lagarce.

Sophie Paul Mortimer, Studio Hébertot / Photo Richard Balthauss

Après le théâtre de Vanves en 2017 et 2018, c’est sur la scène parisienne du Studio Hébertot que Sophie Paul Mortimer interprète, jusqu’au 13 janvier 2020,  Les règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce. À nouveau seule sur scène, la comédienne donne vie et corps à ce texte écrit et créé en 1994 à partir de l’ouvrage éponyme de la Baronne Staffe publié à la fin du XIXe siècle. L’ironie et l’humour savamment distillés par Lagarce font de ce manuel à destination de la bourgeoisie un texte à la fois drôle et corrosif, remarquablement servi par le jeu intense et subtil de Sophie Paul Mortimer et la mise en scène à la fois inventive et dépouillée qu’elle signe avec Roger-Daniel Bensky.  Lire la suite

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« Graver la Renaissance » au château d’Écouen

Etienne Delaune (1518-1583). « Atelier d’orfèvres (numéro 1) ». Burin. 1576. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Le Musée national de la Renaissance consacre une exposition à Étienne Delaune, orfèvre et graveur français (1518/19-1583), et à son influence sur les arts décoratifs. Reconnu de son vivant comme un graveur hors pair, collectionné par les amateurs de toute l’Europe, il restera en effet jusqu’au XIXe siècle une source d’inspiration. « Graver la Renaissance, Étienne Delaune et les arts décoratifs », première exposition dédiée à cet artiste, réunit quelque 130 objets, gravures et dessins au château d’Écouen, dans les appartements du connétable Anne de Montmorency et de son épouse Madeleine de Savoie.
À voir jusqu’au 3 février 2020. Lire la suite

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Le « Dictionnaire des mots parfaits » aux éditions Thierry Marchaisse


Après les dictionnaires des « mots manquants » et  des « mots en trop » , avec ce dernier opus des « mots parfaits » s’achève la trilogie de ces dictionnaires qui n’en sont pas vraiment, orchestrés  par Belinda Cannone et Christian Doumet et publiés par les Éditions Thierry Marchaisse. Au fil des ans une centaine d’écrivains se seront donc prêté au jeu, ouvrant leur « atelier secret » des mots, pour en regretter l’absence ou en rejeter l’usage ou encore élire leurs favoris. Car bien sûr, la perfection est ici synonyme de préférence tout à fait personnelle, dans la relation intime que chacun entretient avec la langue et ses mots. Outre les moments de plaisir et de découverte que ce Dictionnaire des mots parfaits  réserve au lecteur, il est l’invitation faite à celui-ci d’aller en quête des siens, de mots parfaits…
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« Monumental Balzac » au musée des Beaux-Arts à Tours …

 

De gauche à droite : »Balzac en redingote » 1891; « Balzac nu » 1892; « Balzac en robe de moine » 1893; « Balzac, étude drapée 1896 © Musée Rodin


… ou la Petite histoire des monuments au grand écrivain, contée dans la ville qui l’a vu naître il y a 220 ans, le le 20 mai 1799. Une histoire pleine de péripéties qui court sur un peu plus d’un siècle, avec des monuments réalisés – encore debout ou détruits,  d’autres restés à l’état de projet ou d’autres encore à venir… De la sculpture de Paul Fournier, inaugurée à Tours en 1889  à celle de Falguière, inaugurée à Paris en 1902, en passant bien sûr par « le » monument qu’est le Balzac de Rodin, objet de scandale en 1898 avant d’être reconnu comme une oeuvre majeure. Et ce n’est pas le moindre intérêt de cette exposition que de présenter un nombre important de pièces évoquant  la longue gestation –  sept ans – de la sculpture de Rodin. Une histoire des monuments à Balzac qui se poursuit à Tours avec la commande passée à l’artiste conceptuel Nicolas Milhé pour une série d’oeuvres en hommage à la Comédie humaine…
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«  Le journal d’un homme de trop » au Théâtre Darius Milhaud à Paris

« Comment rester tranquille alors que la vie est passée ? J’ai tout de même le droit de me souvenir, de chercher pourquoi… » Ces mots sont ceux de Nicolas Nicolaïevitch Tchoukaltourine, un homme atteint d’une maladie incurable et qui, à l’approche de la mort, décide d’écrire son journal. Peut-être ainsi comprendra-t-il pourquoi rien n’a été possible dans sa vie. De la nouvelle d’Ivan Tourgueniev publiée en Russie en 1850, Jérôme Godeau pour l’écriture et Yacine Benyacoub pour la mise en scène livrent une adaptation théâtrale réussie. La qualité du spectacle doit aussi beaucoup à toute l’équipe artistique et technique, et notamment à la scénographie numérique inventive de Mahfoud Yacef et, bien sûr, à la justesse d’interprétation des quatre acteurs – Gérard Gheleyns, Martin Alcouffe, Pascale Karsenti, Juliette Pi – qui se partagent sur la scène le présent et le passé de cet « homme de trop »…

De gauche à droite et de haut en bas : Gérard Gheleyns, Martin Alcouffe, Pascale Karsenti, Juliette Pi

On osera dire que le spectacle, lui, n’est pas de trop. Il ne reste  que trois dates pour le découvrir dans la petite salle du théâtre Darius Milhaud : le dimanche 26 mai à 15h et les vendredis 7 et 21 juin 2019 à 21h.
En souhaitant que d’autres scènes puissent l’accueillir …

« La voix de Nicolas Nicolaïevitch, couché sur le divan, fait resurgir quelque chose de très archaïque. Elle s’élève au présent sans jamais cesser de raviver le passé, captive du manque, de l’objet perdu. Lancinante, elle rejoue sans cesse ce qui aurait pu être et n’a pas été, elle invoque les fantômes de l’amour ni donné ni reçu… derniers remords avant l’oubli définitif. » (Jérôme Godeau)

 

 

Théâtre Darius Milhaud
84 Allée Darius Milhaud
75019 Paris
Téléphone : 01 42 01 92 26

MÉTRO:
Ligne 5 : Station PORTE DE PANTIN (300m du Théâtre)
Ligne 7 : Station DANUBE (400m du Théâtre)

 

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