L’ARBRE DE VIE : interprétations multiples au Collège des Bernardins

l-arbre-de-vie_xlLa nouvelle exposition présentée au Collège des Bernardins réunit les oeuvres d’une quinzaine d’artistes contemporains, autour du thème « L’arbre de vie ». Exposées dans la nef, l’ancienne sacristie et le jardin, ces oeuvres, dont certaines sont des créations in situ, sont autant d’interprétations singulières d’un thème universel et fortement symbolique, sur le plan de la nature, dans sa relation aux quatre éléments, comme sur celui de la spiritualité, notamment chrétienne.
Un second accrochage, à partir du 18 avril, viendra renouveler une partie des oeuvres présentées.
À voir jusqu’au 28 juillet 2013. 


« L’éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce,
agréables à  voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au
milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. »
(Gen 2-9)

Porteur d’immortalité dans la bible, de vie et de fécondité dans nombre de civilisations anciennes – de l’Egypte à l’Inde, en passant par la Mésopotamie ou les peuples nordiques – l’arbre de vie est un symbole quasi universel. De même que l’arbre, dans toutes les cultures, symbolise la vie, la force, la longévité, la beauté, la fécondité. Entre terre et ciel, il nourrit l’imaginaire des hommes, dans son infinie diversité.

Une diversité que reflètent les oeuvres d’art contemporain présentées dans l’exposition L’arbre de vie. Leur choix résulte du dialogue entre un théologien du Collège des Bernardins, Jérôme Alexandre, et les deux commissaire d’exposition, Alain Berland et Gaël Charbau. Un dialogue apparemment fructueux puisqu’il a conduit à l’exploration de nombreux territoires artistiques. (1)

Henrique Oliveira, "Transubstantiation" © db

Henrique Oliveira, « Transubstantiation » © db

Seul le vaste espace de la nef  du Collège des Bernardins pouvait accueillir Transubstantation, l’imposante sculpture du Brésilien Henrique Oliveira. Adepte des matériaux de récupération urbains, il a réalisé cette oeuvre in situ à partir du bois usé des palissades récupéré dans les favelas.  En forme de croix, l’oeuvre repose en  partie sur le sol, en partie adossée au mur, tout au fond de la nef, dans le beau contraste d’un bois couleur d’argile avec la pierre nue, des formes rondes sculptées avec les surfaces planes du sol et des murs, le tout éclairé de la lumière naturelle dispensée par une fenêtre, entre chaos et sérénité. L’oeuvre s’impose sans qu’il soit besoin d’interprétation,  comme  pourrait le suggérer son titre emprunté à l’eucharistie.

Ismaïl Bahri, "Ligne" © db

Ismaïl Bahri, « Ligne » © db

La sève et le sang, les deux fluides vitaux de l’arbre et de l’homme sont souvent métaphoriques l’un de l’autre. Une métaphore que file Ismaïl Bahri, y ajoutant l’élément indispensable à l’une et l’autre qu’est l’eau, avec sa vidéo Ligne, réalisée en 2011 et présentée dans l’espace plus intime de l’ancienne sacristie. On y voit, en un plan-séquence d’une minute diffusé en boucle,  une goutte d’eau déposée sur une veine de l’avant-bras de l’artiste, vibrant au rythme des pulsations. On a du mal à s’arracher au mouvement sans fin de cette manifestation de vie épurée et minimaliste.

Décidément, il semblerait que la sacristie, où a lieu la plupart des expositions d’art contemporain du Collège des Bernardins, soit un espace plus approprié pour aller à la rencontre des oeuvres. Comme celle de Clémence Seilles, Origine inconnue, installation produite pour l’exposition.

Clémence Seilles, "Origine inconnue" © db

Clémence Seilles, « Origine inconnue » © db

Une sorte de météorite résultant de l’assemblage de matériaux divers, que l’artiste dédiait comme  » un inventaire poétique de matériaux synthétiques pouvant être lu comme une archéologie matérialiste de l’occident contemporain« . En face, est présenté un échantillon de nature, Micro-mousse, oeuvre d’ Emilie Benoist. L’installation, réalisée en fait avec très peu d’éléments empruntés à la nature et majoritairement avec des matières plastiques, est pour l’artiste une manière de mettre en scène les conséquences des actions humaines sur leur environnement.

De retour dans la clarté de la nef, on s’arrête devant Le jardin de sorgho de Michel Blazy, Cette installation réalisée in situ, renvoie à celle présentée en plein air lors de l’édition 2012 du Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire. Les balais de sorgho plantés ici dans des pots de terre ont conservé les graines du végétal au bout des tiges. Des graines qui vont germer et se développer pendant toute la durée de l’exposition. En quelque sorte des balais qui « poussent », comme les arbres… (2)

Michel Blazy, "Le jardin de sorgho" © db

Michel Blazy, « Le jardin de sorgho » © db

En contrepoint des créations contemporaines d’une quinzaine d’artistes sont exposées deux toiles de Séraphine de Senlis. Une seule artiste contemporaine, Jenny Bourassin, est présente dans l’exposition avec une oeuvre peinte. Elle utilise l’huile sur papier pour représenter essentiellement de paysages et des scènes de catastrophes (tornades, incendies, explosions…) souvent à partir d’images trouvées dans des magazine ou sur internet.

ARBRE DE VIE MERCIER

« Commissariat pour un arbre » © db

Il faut traverser la nef pour accéder au jardin investi par un projet   de Mathieu Mercier, Commissariat pour un arbre # 3, pour lequel l’artiste a invité depuis 2012 une quarantaine de créateurs – designers, plasticiens, architectes – à concevoir des nichoirs…

Autour du corpus d’oeuvres qui constitue le « tronc commun » de l’événement, un deuxième accrochage aura lieu à partir du 18 avril, une manière de multiplier les lectures du thème de l’exposition et de permettre à un plus grand nombres d’artistes émergents d’aller à la rencontre du public. Au total, ce seront donc 23 artistes qui auront participé à L’Arbre de vie.

"L'arbre de vie", nef du collège des Bernardins © db

« L’arbre de vie », nef du collège des Bernardins © db

(1) on trouvera des entretiens avec les organisateurs de l’exposition et les artistes dans le numéro de Janvier/Juillet 2013 de Questions d’artistes (revue éditée par le collège des Bernardins, distribuée gratuitement sur le site).
(2) Michel Blazy dont on avait pu voir en 2012, dans la sacristie des Bernardins, l’installation Bouquet final. 

Le Collège des Bernardins
20 rue de Poissy – 75005 Paris
O1 45 23 14 14

 

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