
©Irène Karabayinga
« Ce jour-là, il (Emmanuel Kant) est assis à sa table de travail, fenêtre ouverte sur le jardin. Au-dessus de son bureau, un portrait de Jean-Jacques Rousseau, seule décoration de toute la maison. Le regard du penseur, un instant diverti de sa tâche, se perd dans la contemplation de son jardin, dans les entrelacs de branchages. D’habitude, la végétation est toujours parfaitement taillée, mais le jardinier, souffrant, a été absent quelques jours. Aussi la nature a-t-elle repris ses droits, sur la base toutefois d’un ordre longtemps entretenu. Un sentiment étrange l’envahit soudain. Le théoricien du « conflit des facultés » vient de découvrir qu’il est un moment où cesse le conflit : c’est le moment où nous éprouvons le « sentiment du beau ». Dans les milliers de pages qu’il a déjà écrites, pas une seule ligne n’est capable d’éclairer ce qu’il vient de ressentir. Il l’admet. Là est son courage, son immense honnêteté. Et il décide de se lancer, malgré son âge, dans un nouveau chantier : La Critique de la faculté de juger vient de commencer à s’écrire. On y trouvera bientôt cette définition du plaisir esthétique, qui fera date : un « jeu libre et harmonieux des facultés humaines« .
Charles Pépin, Quand la beauté nous sauve, éditions Robert Laffont (coll. Les mardis de la philo), pp.30-31
C’est à un parcours dans cinq siècles de tapisserie sur le thème de la représentation du monde végétal, que nous convie cette exposition de la Galerie des Gobelins. Ni chronologie, ni didactisme, mais bien plutôt une invitation à la promenade où se se croisent et se répondent passé et présent par le biais des variations iconographiques et chromatiques, du foisonnement des motifs floraux de la fin du Moyen-Âge aux « pixels » de Christophe Cuzin pour représenter le jardin des Gobelins en 2012… Sans oublier « la forêt » de carton d’Eva Jospin à qui carte blanche à été donnée dans le cadre de l’exposition. À voir jusqu’au 19 janvier 2014… 
Avec les marines de Jules Dupré (1811-1889), c’est un aspect peu connu de l’oeuvre du peintre – surtout admiré pour ses paysages champêtres – que nous invite à découvrir le musée d’art et d’histoire Louis Senlecq. Emprunté à Paul Valery, le titre de l’exposition, La mer toujours recommencée, traduit bien la mélancolie et l’inquiétude métaphysique qui transparait dans les oeuvres rassemblées à l’Isle-Adam.
Le cinéma La Clef, à Paris dans le 5ème arrondissement, accueille les 7 et 8 décembre 2013 le Salon de l’Édition DVD indépendante. Pour cette deuxième manifestation parisienne une douzaine d’éditeurs ont été sélectionnés. Fiction, documentaire, animation, film contemporain ou de répertoire, tous les styles et tous les genres seront représentés dans les centaines de DVD proposés aux visiteurs. Des projections et débats auront également lieu. (Entrée libre et gratuite)
