Archives par mot-clef : Dessin

La boite à outils de Devorah Boxer à l’Académie des Beaux-Arts

Lauréate du Prix de Gravure Mario Avati 2015, Devorah Boxer exerce son talent dans un domaine très particulier, celui des objets – ustensiles, mécanismes anciens et outils. Taille-crayon à manivelle, éponge métallique, serrure romaine, peigne de tisserand, mèches, etc., depuis une quarantaine d’années, l’artiste en a fait le sujet et la matière d’une oeuvre aussi originale que passionnante. Comme en témoignent les quelque soixante-dix estampes et dessins réunis à l’Académie des Beaux-Arts jusqu’au 9 octobre 2016.
Parallèlement à cette exposition, et jusqu’à cette même date, on peut voir également une sélection d’oeuvres de Devorah Boxer à la Galerie de l’Echiquier, qui représente l’artiste. Lire la suite

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Les « Variations saisonnières » de Paul Pouvreau, ou l’art du recyclage visuel

La Galerie municipale Jean-Collet à Vitry, dédiée à l’art contemporain, présente jusqu’au 28 février 2016 une exposition consacrée à Paul Pouvreau. Les dessins, photographies et vidéos exposées – oeuvres récentes et plus anciennes – mettent en évidence l’attrait de l’artiste pour les objets et images de l’espace quotidien, avec un intérêt tout particulier pour les emballages, leurs formes et les effigies dont ils sont les supports. À partir de quoi il crée des oeuvres entre description et fiction, réalisme et métamorphose poétique, en jouant, non sans humour, sur les formes et l’espace. Lire la suite

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« Voyages en Italie de Louis-François Cassas » au musée des Beaux-Arts de Tours.

Louis-François Cassas (1756-1827) compte parmi les grands artistes voyageurs du XVIIIe siècle. L’exposition présentée du 21 novembre 2015 au 22 février 2016 au musée des Beaux-Arts de Tours s’articule autour des deux longs voyages effectués en Italie par l’artiste. Aux oeuvres issues de l’important fonds Cassas du musée, sont venus s’ajouter de nombreux prêts de musées et institutions français et étrangers, dont une cinquantaine de dessins prêtés par le National Trust et provenant de la collection du marquis de Bristol à Ickworth House en Angleterre. Au total, ce sont 116 oeuvres – graphites, pierres noires, lavis, sanguine, aquarelles, gouaches ainsi que des gravures gouachées et aquarellées, maquettes – qui témoignent à la fois du talent et de la curiosité éclectique du dessinateur et voyageur que fut Louis-François Cassas. Lire la suite

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Adolphe Willette à l’Isle-Adam : « J’étais bien plus heureux quand j’étais malheureux »…

Le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de l’Isle-Adam présente jusqu’au 28 septembre 2014 la première exposition monographique consacrée à Léon Adolphe Willette (1857-1926) et conçue en collaboration avec le musée Félicien Rops de Namur. L’intitulé paradoxal est à l’image d’un personnage singulier et d’un artiste foisonnant et contradictoire, qui s’est illustré dans la peinture, le dessin de presse et l’affiche publicitaire. Son nom est inséparable de Pierrot dont il avait fait son double artistique et de la République de Montmartre dont il fut le premier « président »… Lire la suite

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« Dessiner Cioran » : Dan Perjovschi au Musée de l’histoire de l’immigration.

À l’occasion de l’exposition « Albums, Bande dessinée et immigration 1913-2013, » le musée de la Porte dorée présente « Dessiner Cioran », un ensemble de 71 dessins de l’artiste Dan Perjovschi, réalisés à l’occasion de la commémoration du centième anniversaire de la naissance de l’écrivain et philosophe roumain (1911-1995). Ces croquis, interprétations et mises en image de la pensée de Cioran, avaient envahi l’espace public de la ville de Bucarest au printemps 2011. Ils font désormais partie de la collection du Musée de l’histoire et des cultures de l’immigration où ils sont présentés jusqu’au 27 avril 2014. Lire la suite

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Le dessin dans tous ses états à Dunkerque

Avec « Dessin Phénoménal » et « Wols, dessins », deux expositions présentées jusqu’au 16 septembre 2012, le LAAC de Dunkerque rend hommage à l’un des pionniers de l’abstraction lyrique européenne et explore le travail d’artistes qui ont en commun d’associer les éléments naturels à la réalisation de leurs dessins. Cette double manifestation s’inscrit dans l’opération « dessiner-tracer » orchestrée par l’association des conservateurs des musées du Nord Pas de Calais. Une initiative relayée par le Musée des Beaux-Arts de Dunkerque qui a par ailleurs laissé carte blanche à l’artiste Philippe Richard pour puiser dans ses collections le thème de l’exposition « Autre pareil », à voir jusqu’au 13 juillet 2013.

En invitant Christian Jaccard, Bernard Moninot et Bernard Pagès à exposer dans ses murs, le LAAC est fidèle à son projet culturel de faire des œuvres graphiques une de ses priorités. Depuis sa réouverture en 2003, le Lieu d’Art et Action Contemporaine a acquis plusieurs centaines de dessins, photographies, estampes qui, venus s’ajouter au fonds initial, en font l’un des plus grands cabinets graphiques d’Europe du Nord. (1)

Les trois artistes réunis dans Dessin Phénoménal ont en commun d’avoir pris de la distance avec ce support « classique » du trait qu’est le papier, du moins dans son usage habituel, et de « travailler à partir d’éléments naturels – le feu, l’air, le végétal – dans un processus qui laisse sa place au hasard », résume Sophie Warlop, commissaire de l’exposition.

C’est ainsi que Bernard Moninot (1949) a mis au point un ingénieux matériel d’enregistrement mécanique. Une sorte de sismographe appliqué aux végétaux qui, agités par le vent sur les dunes, deviennent les auteurs de dessins aléatoires. Ces Mémoires du vent, une fois projetées, nous mettent en présence de « quelque chose de complètement immatériel ». Plus que le résultat final c’est l’ensemble du processus qui relève de la création artistique.

Christian Jaccard (1939) privilégie lui le feu et explore comment celui-ci dessine sur des matériaux très divers (bois, métal…), le plus souvent de récupération. Utilisant également du gel thermique projeté sur un mur, il intervient souvent dans des lieux avant leur réhabilitation. Une technique qui doit autant à la maîtrise qu’au hasard, leur nécessaire association étant « la clé de l’œuvre », une « oeuvre à risque, où le déroulé contrôlé de la combustion fait partie de l’œuvre », souligne Sophie Warlop. Et le papier ? Il intervient notamment avec certaines expériences d’ignition qui s’opèrent dans des livres en accordéon, les Leporelli, nés des empreintes de lettres qui ont oblitéré et protégé le papier de la fumée. Des lettres dont l’assemblage signifiant doit autant à la dimension graphique et picturale des mots qu’à leur sens propre.

Quant à Bernard Pagès (1940), dont on connaît surtout les sculptures, l’exposition permet de découvrir son œuvre dessinée, « entièrement autonome », souligne Aude Cordonnier, directrice des musées de Dunkerque. Mais si les deux domaines du dessin et de la sculpture « ne se nourrissent pas l’un l’autre, ils sont néanmoins liés par les matériaux qui sont ceux que l’artiste a sous la main dans son environnement, celui de l’atelier ou de la nature », précise Sophie Warlop. Crevasses de boue séchées, grillages, enduits d’encre ou de gouache, vont devenir autant d’empreintes que le papier va finalement accueillir…

En écho aux démarches de ces trois créateurs de dessin « phénoménal », le LAAC présente avec Ponctuations les œuvres de quatre jeunes artistes acquises par le Frac Picardie et qui ont comme point commun de mêler le dessin au support vidéo : Pascal Convert (Native Movies I), Edith Dekyndt (A is hotter than B), Christophe Girardet (Enlighten) et Yazid Oulab (Percussions graphiques). (2)

Le travail original et sensible de Chantal Fochesato a aussi toute sa place dans Dessiner-Tracer. Née en 1957, cette Dunkerquoise dessine avec du fil : « de fil en aiguille j’enfile des émotions, des passions, des destins si fragiles comme des fêlures intimes », écrit-elle… ce qui résume parfaitement le sentiment qu’on éprouve au contact de son travail.

Avec la cinquantaine d’œuvres de Wols (1913-1951) présentées à l’étage du cabinet d’arts graphiques du LAAC, qui lui est entièrement consacré, on renoue avec le papier comme support du tracé. Depuis une rétrospective au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris en 1973 et en attendant une importante exposition prévue au Centre Georges Pompidou suite à la dation effectuée par la seconde épouse de l’artiste, l’exposition Wols, dessins au LAAC vient combler une lacune et permet de découvrir l’originalité l’œuvre dessinée de Alfred Otto Wolfgang Schulze. (3) Les dessins et aquarelles rassemblés, essentiellement à partir de collections privées, permettent d’accompagner l’évolution de l’artiste, du surréalisme dans les années 1939-1941 (époque où en tant qu’Allemand il est interné en France), à l’abstraction lyrique et informelle après la guerre.

On quitte les rives du port – où après le quartier, « Le Grand large » dessiné par Nicolas Michelin, se dressera bientôt le nouveau Frac dunkerquois, installé dans la « Cathédrale », nom donné aux anciens et imposants entrepôts – pour le musée des Beaux-Arts. A l’invitation de sa directrice, Aude Cordonnier, l’artiste Philippe Richard s’est saisi de la triple collection – artistique, naturaliste et anthropologique – qui fait la richesse du lieu, pour organiser une exposition où ses propres œuvres figurent en contrepoint de sa sélection de celles du musée.
Un fil d’Ariane emprunté par l’artiste à l’Odyssée d’Homère et l’Ulysse de Joyce relie les œuvres présentées dans les neuf salles principales du musée. Libre à chaque visiteur de remplacer la cohérence ténue de ce fil par le sien propre, ou de se laisser guider par le seul plaisir de découvrir certaines œuvres, isolément, ou dans leur juxtaposition… D’une version très « orientale » du port de Dunkerque par Isabey, à la Dérive des bois flottés peints par Philippe Richard, en passant par le moul age en cire de la tête de Jacques II, roi d’Angleterre, côtoyant un masque Nô… ou, comme un clap de fin, notre propre image en surimpression de la vidéo que notre présente a fait apparaître sur la glace de l’armoire conçue par Jean-Louis Accetone…

(1) À l’origine du fonds d’art graphique du LAAC, il y a la collection « Delaine ». Un millier d’œuvres réunies par Gilbert Delaine, dans les années 1970-1980, et toutes cédées à la ville de Dunkerque en échange de la construction d’un musée d’Art contemporain. Inauguré en 1982, il sera fermé en 1997 pour de lourds travaux de réhabilitation, et rouvrira en 2003 sous l’appellation Lieu d’Art et Action contemporaine.
(2) On peut voir les œuvres de Ponctuations sur le site du Frac Picardie.
(3) La totalité des œuvres présentées dans l’exposition sont reproduites dans un catalogue, co-édité par Archibooks et le LAAC.
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